Palais des Beaux-Arts de Lille/Création du musée

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Création du musée[modifier | modifier le wikicode]

L'église et ancien couvent des Récollets de Lille, 1893, lithographie d'Édouard Boldoduc.

L’idée de fonder un musée d'importance régionale apparaît à Lille lors de l’ouverture de l’Académie des arts de Lille en 1775 (notamment consacrée à l'enseignement des arts[1],[2]). Elle avait été précédée, deux ans plus tôt, par la tenue du premier des salons des artistes lillois, dont l’organisation régulière se poursuit jusqu’à la veille de la Révolution[3].

À cette époque, des centaines d’œuvres d’art sont confisquées aux émigrés, aux églises, aux couvents, aux hospices et entreposées dans l’ancien couvent des Récollets.

Le 17 février 1792, le peintre Louis Joseph Watteau propose à la municipalité la création d'un musée pour l'instruction du public. L'administration y répond favorablement le 9 mars 1792, considérant « qu'on devait encourager la peinture et favoriser le projet »[4]. En décembre 1793, cinq tableaux de l'église de la Madeleine et vingt autres transportés du couvent des Récollets, de diverses maisons et anciens couvents sont exposés dans le grand salon de l’Académie des arts[5]. Destiné aux étudiants de l'académie, ce musée embryonnaire n'est toutefois pas ouvert au public. En 1795, Louis Watteau, directeur de l'académie, est désigné par la commission centrale des arts pour effectuer l’inventaire des tableaux confisqués à la noblesse et au clergé local[6].

Le musée bénéficie, quelques années plus tard, du projet de vulgarisation de l’art entrepris par Napoléon Ier, qui lui confère un cadre juridique officiel par le « décret Chaptal » du 1er septembre 1801.
Le décret désigne quinze villes françaises, dont Lille, pour recevoir des œuvres prélevées sur les collections du Louvre et du Château de Versailles, « après qu'il aura été disposé, aux frais de la commune, une galerie convenable pour les recevoir » (Art IV)[7]. Principalement constituée de saisies révolutionnaires, la collection attribuée à la ville de Lille comprend 46 tableaux.

En 1803, après la restauration de certains tableaux et la réalisation des aménagements nécessaires à leur conservation, le musée s’installe dans la chapelle de l’ancien couvent des Récollets (illustration ci-contre)[8], au croisement de la rue des Arts et du boulevard Carnot. La collection exposée comprend les 46 tableaux de l’envoi de l’État et environ 80 tableaux choisis parmi les plus belles pièces inventoriées par Louis Watteau[9]. Le musée n'est cependant ouvert au grand-public que le 15 août 1809. Il présente alors 109 œuvres[10].

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • Oursel, H. (1986). L'Académie des arts de Lille au 18e siècle. in Leids kunsthistorisch jaarboek, 1986, 5-6 Ed : Delftsche Uitgevers Maatschappij, Delft INIST:25212794 ; ISSN 0169-4855


Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Dutboy J.J & Oursel H (1989), L'enseignement à l'Académie des Arts de Lille au XVIIIe siècle (A propos d'un album de dessins de la Bibliothèque municipale de Lille). Revue du Nord, 71(281), 377-399.
  2. Houdoy J (1877) Études artistiques: Artistes inconnus des XIVe, XVe et XVIe siècles; Académie des Arts de Lille; Charles-Louis Corbet, sculpteur. Aubry.
  3. Dupuis 2014, p. 3.
  4. Maurice Vandalle, « Le Salon des Arts et le Musée de Lille de 1790 à 1803 », dans Revue du Nord, no 124, Octobre-décembre 1949, p. 207-218 [texte intégral (page consultée le 13 janvier 2016)] .
  5. Musée des Beaux-Arts, Lille et The Metropolitan Museum of Art 1992, p. 20-21.
  6. Dupuis 2014, p. 4.
  7. Paris, pendant l'année 1801, vol. 33, Imprimerie de Cox, fils, et Baylis, 1801, « Rapport Chaptal et Arrêté du 14 fructidor an 9 », p. 45-47 .
  8. Lenglart 1893, p. VI.
  9. Lenglart 1893, p. VII.
  10. Dupuis 2014, p. 5.