Cassandre (revue)

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Cassandre (ou Cassandre/Horschamp) est une publication francophone traitant des thèmes culturels et artistiques, mais se voulant accessible à tous, ayant pour devise : Allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté (Romain Rolland, repris par Gramsci).

Sommaire

Caractéristiques

Fondée en 1995 par Nicolas Roméas auteur (alors producteur et journaliste à France Culture), elle se présente aujourd'hui sous la forme d'une revue brochée de 100 pages principalement illustrée par le photographe Olivier Perrot, qui traite des questions culturelles et artistiques contemporaines, tout en s'ouvrant de façon très large aux enjeux culturels dans une société de plus en plus déshumanisée.

Cette revue d'enquête, d'informations et de débats, traite - avec l'appui de sociologues, d'historiens et de chercheurs de différents champs - des problèmes de l'Art dans le monde d'aujourd'hui, ainsi que de la culture de façon plus générale, toujours en relation avec l'évolution de la société contemporaine.

Sa fréquence actuelle de parution est trimestrielle. Chaque année un hors-série thématique explore de nouveaux horizons des pratiques artistiques et culturelles. En novembre 2009, c'était le hors-série Un Rêve d'Afrique qui inaugure la collection Les armes de l'art.

En octobre 2011 Cassandre/Horschamp publie son 91e numéro.

Cette revue a une place très originale[non neutre] dans le monde francophone, car elle traite de façon à la fois accessible et exigeante d'expériences culturelles innovantes et expérimentales, dont aucun autre journal ne parle.[réf. nécessaire]

Cassandre/Horschamp est aujourd'hui produite par une équipe de spécialistes culturels chevronnés[non neutre] qui sillonnent la France, l'Europe et le monde, pour en rapporter des informations et des commentaires.

L'idée centrale est de défendre la notion de culture en tant que valeur symbolique qui doit échapper à la mainmise de l'économique et de façon générale, du quantitatif, ce qui revêt évidemment une importance particulière dans l'époque actuelle. À ses débuts, elle a été très inspirée par l'épopée des pionniers de la décentralisation théâtrale, dans l'immédiat après-guerre, puis par cette autre grande aventure culturelle et politique que fut en France l'Éducation populaire.[réf. nécessaire]

La revue est aujourd'hui co-dirigée par Nicolas Roméas et Valérie de saint-Do, et est publiée avec le concours du Centre national du livre, de la direction de la musique, de la danse du théâtre et des spectacles du Ministère de la Culture et de la Région Île-de-France. L'équipe de Cassandre/Horschamp anime parallèlement un pôle de ressources et d'actions art/société intitulé Horschamp, longtemps situé au Couvent des Récollets, dans le 10e arrondissement de Paris. Pour des raisons financières[réf. nécessaire], l'équipe de la revue et du centre de ressource a été dans l'obligation de quitter ce lieu en juillet 2009 pour s'installer momentanément dans le 18e arrondissement de Paris.``

Historique

«Toute la dialectique, l’esprit de polémique et de controverse qui animent la revue Cassandre/Horschamp semble se retrouver dans le choix astucieux de son appellation. Si l’on s’attarde un peu sur l’étymologie de ce nom, « Cassandre », c’est d’une part, dans la comédie italienne, un personnage représentant un vieillard toujours bafoué : on y verrait sans doute, sans vouloir tirer un rapprochement d’idées par les cheveux, une allusion à notre culture maltraitée… La deuxième étymologie fait référence au roi de Macédoine, Cassandre, qui se rendit maître de la Grèce. Ici l’assimilation est probante… La troisième, la plus convenue, serait une allusion à l’héroïne des poèmes homériques où Cassandre, fille du roi Priam, livre de sombres prédictions mal entendues de la part des Troyens. On pourrait dire vulgairement « A bon entendeur salut » car effectivement, tout en passant par son vecteur critique et subversif, la revue propose des débats aux dénouements prémonitoires qui nous aident à prendre conscience de la nécessité à redoubler de vigilance. » 
Jacky Viallon sur Webthea, février 2010.

Lorsqu'en 1995, nous nous sommes lancés dans cette aventure éditoriale, nous avions de grands ancêtres[Lesquels ?] et d’estimables collègues[non neutre], mais aucun n’allait alors dans le sens d’un lieu de débat propice à l’avancée de nouvelles idées, cette agora qui nous paraissait nécessaire[réf. nécessaire]. Pour la première fois depuis longtemps, une équipe s’attachait à éclairer les aspects peu visibles du paysage artistique et culturel. [réf. nécessaire]

Observateurs du monde des arts depuis de nombreuses années[réf. nécessaire], il nous paraissait évident que la presse française souffrait d’un manque[réf. nécessaire]. Celui d’un lieu éditorial ouvert à des réflexions extérieures au monde artistique, émanant de penseurs[Lesquels ?] venus de domaines comme la sociologie, l’ethnologie ou l’histoire, pour témoigner de la réalité du paysage artistique français.

Depuis la fin de la période qui a vu fleurir un certain nombre de revues artistiques et littéraires au début de ce siècle,[réf. nécessaire] nous avons assisté au déclin de la presse[réf. nécessaire] spécialisée, seule en mesure d’accomplir un travail de fond sur la réalité artistique et culturelle contemporaine, tant dans notre pays qu’en Europe.

La presse nationale généraliste et les médias consacrent de moins en moins d’espace aux expériences de terrain qui se déroulent en régions,[réf. nécessaire] parfois dans des lieux de relégation ou hors institutions. Seules les productions importantes, souvent d’origine parisienne, peuvent espérer une véritable reconnaissance médiatique.[réf. nécessaire] À une époque où la (re)construction d’une culture diverse et commune prenant en compte la réalité humaine d’une société à la fois menacée d’individualisme et d’uniformisation est une question brûlante, peut-on laisser dans l’ombre un pan entier de la vie culturelle du pays ?

Depuis le début, notre mission est de montrer qu’un réseau très riche d’activités et de démarches peu visibles qui se déroule dans la durée avec les différentes populations, a une importance capitale pour la santé morale et intellectuelle de nos concitoyens. [réf. nécessaire]

Évolution

Une équipe de journalistes spécialisés désireux[non neutre] de répondre à la nécessité d’une confrontation des idées s’est réunie en 1995 autour de Nicolas Roméas - alors journaliste à France Culture - pour créer la revue Cassandre, en faisant le pari d’une prise de conscience des acteurs culturels ; des professionnels de la scène et de l’art, des amateurs, des universitaires, étudiants, citoyens « éclairés » de tous horizons...

Depuis son premier numéro, Cassandre propose des entretiens avec des sociologues, des philosophes ou des historiens, des dossiers thématiques sur des sujets habituellement peu ou mal explorés - l’évolution des politiques culturelles, les nouvelles formes de résistance artistique, le numérique et l’art - ainsi que sur la situation d’équipes artistiques à l’étranger, des agora ouvertes à des acteurs extérieurs, des chroniques...

Ce travail d’analyse et de critique n’est jamais neutre[réf. nécessaire], mais toujours relié au désir de voir l’art jouer un rôle actif parmi les hommes[non neutre]. Cassandre/Horschamp a aujourd’hui réussi le pari[réf. nécessaire] d’être une agora de papier accueillant des paroles d’un haut niveau, sans craindre la polémique. Les lecteurs qui s’interrogent sur l’avenir de notre société[réf. nécessaire] ne se suffisent plus de revues confidentielles destinées à une « élite » ou de magazines traitant superficiellement de problèmes graves lorsqu’ils sont à la mode[réf. nécessaire]. Il s’agit de développer un nouveau type de publication d’un genre inédit qui permette au plus grand nombre de s’informer sur des sujets a priori difficiles, mais dont la connaissance est essentielle à ceux qui sont concernés par l’idée d’une culture citoyenne exigeante.

Cassandre/Horschamp

De nombreuses équipes artistiques œuvrent au plus près de l’humain et de ce qu’on nomme le champ « sociétal » - dans les prisons, les banlieues, les hôpitaux psychiatriques, en milieu rural... Il ne s’agit évidemment pas d’offrir une « occupation » ou une « animation » à des populations marginalisées, mais de leur permettre, à travers le geste artistique, de renouer avec une parole, une expression, une socialisation ; de retrouver non seulement un « accès » à l’art et la culture, mais de s’approprier des langages et des symboles essentiels à une communauté humaine.[interprétation personnelle]

Il s’agit ici de la véritable force de l’art, non d’ « animation » ou de « réparation des fractures ». Il n’y a pas un art de « deuxième catégorie ». Ce que nous analysons avec cette revue et constitue la matière première des activités du pôle de ressources Horschamp, c’est ce que ces pratiques recèlent d’efficacité dans la transmission et l’échange par le moyen de l’émotion. Cela demande une grande exigence.[réf. nécessaire] Les sources contemporaines de cette prise de conscience sont notamment à chercher du côté de la première décentralisation théâtrale française, celle de l’immédiate après-guerre. Et si l’on cherche un exemple contemporain on peut penser au travail du plasticien Thomas Hirschhorn ou à celui de Pippo DelBono, que le Festival d’Avignon a fini par consacrer.[interprétation personnelle]

Cet art-là ne peut être évalué à l’aune des critères de la critique artistique classique, vouée à l’analyse d’un objet. Il nécessite des croisements de regards : celui du critique, celui du sociologue, du philosophe, de l’historien, de l’ethnologue. Et celui de tous ces gens que l’on nomme « public ».[réf. nécessaire]

Liens externes

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