Faciès archéologique de Schnabelkanne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Schnabelkanne

Œnochoé en bronze (restauré) d'importation étrusque. Mobilier funéraire culture de Golasecca, période III, vers 450 av.JC - hauteur environ 30 cm, Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye

Définition
Caractéristiques
Période VIIIe siècle av. J.-C. - Ve siècle av. J.-C.
Chronologie IVe siècle av. J.-C. / fin du Ve siècle av. J.-C.

Objets typiques

Œnochoés

Faciès archéologique de Schnabelkanne définit une typologie qui fait référence à un unicum (ou ensemble homogène) d'œnochoés confectionnées en bronze et dont le bec verseur est affecté d'une forme relevée.

La plupart des pichets de ce type ont été retrouvés dans une zone comprenant la Suisse et le Sud de l'Allemagne. D'autre ustensiles de ce genre ont été mis en évidence en Gaule, en Étrurie padane, et au sein des territoires celto-italiotes à culture golaseccante. Ces œnochoés ont fait l'objet d'un tout premier champ d'étude et de répertoriation, circonstancié et détaillé, paru en et réalisé par l'archéologue français Joseph Déchelette ( - ).

Contexte culturelle[modifier | modifier le code]

Les œnochoés, également dénommée par les archéologues français « œnochoé à bec trèflé », dont les caractéristiques de type Schnabelkanne (de), appartiennent à la culture hallstatto-orientale. Leur production, essentiellement issue de deux ateliers artisanaux de forge celtes nord-alpins, en Bavière, l'autre dans le land autrichien de Salzbourg, s'est effectuée entre le milieu VIe siècle av. J.-C. et la fin du Ve siècle av. J.-C.[1]. Cette typologie, dont le style est emprunté à des vases de confection étrusque[2], et possédant un déterminant artisanal celtique.

Description[modifier | modifier le code]

Le terme Schnabelkanne est employé pour faire à référence à un unicum (ou ensemble homogène) d'œnochoés confectionnées en bronze et dont le bec verseur est affecté d'une forme relevée. D'autre part, ces pichets sont pourvus d'une anse, ainsi que d'une panse présentant une circonférence.

Par ailleurs, ce type d'œnochoés affichent fréquemment une physionomie à caractère anthropomorphe. Plus rarement, ce genre de cruche sont pourvues d'ornement zoomorphes[3].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Découverte et fouilles[modifier | modifier le code]

Lieu de fouilles archéologiques d'une Sépulture contenant une œnochoé de type schnabelkanne.

L'identification et la répertoriation de ces cruches métalliques a pu être établie lors d'une campagne de fouilles préventives entreprises à la fin du XIXe siècle, au sein de la commune allemande éponyme de Schnabelkanne. À cet effet, d'autres investigations archéologiques ont ultérieurement mis en évidence, d'autres œnochoés affichant les mêmes caractéristiques morphologiques.

Dans ce cadre, les prospections scientifiques ont permis de révéler un catalogue archéologique concret et abondant de nombreuses cruches de ce style. En effet, les fouilles archéologiques ont mis en évidence un groupe non négligeable d'œnochoés de Schnabelkanne et dont chacun des exemplaires ont été mis au jour, pour les uns en Europe occidentale, centrale (actuelles territoires bavarois, suisses et autrichiens). et méridionale pour les autres. Toutefois, la grande majorité de pichets de ce type se concentrent dans une zone comprenant la Suisse et le Sud de l'Allemagne. D'autre ustensiles de ce genre ont été mis en évidence en Gaule, en Étrurie padane, et au sein des territoires celto-italiotes à culture golaseccante.

Par ailleurs, ces œnochoés ont fait l'objet d'un tout premier champ d'étude et de répertoriation, abondamment circonstancié et détaillé, paru en et réalisé par l'archéologue français Joseph Déchelette ( - )[6],[7],[8],[9],[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Batardy (dir.), Olivier Buchsenschutz (dir.) et Françoise Dumasy (dir.), Le Berry Antique : Atlas 2000, vol. 21, Tours, FERAC, coll. « Supplément à la Revue archéologique du centre de la France », , 190 p. (ISBN 2-913272-05-3, lire en ligne).
  • Patrice Brun, Princes et princesses de la Celtique : le premier âge du fer en Europe (850-450 av. J.-C.), Paris, Errance, coll. « Hespérides », , 216 p. (ISBN 2-903442-46-0).
  • Olivier Buchsenschutz (dir.) et al., L'Europe celtique à l'âge du fer : VIIIe-Ier siècles, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », , 437 p. (ISBN 978-2-13-057756-0, ISSN 0768-2379).
  • Barry Cunliffe, « Histoire des Celtes : de l'âge du bronze aux migrations », L'Archéologue, no 103,‎ , p. 11-13 (ISSN 1255-5932).
  • Virginie Defente, Les Celtes en Italie du nord : Piémont oriental, Lombardie, Vénétie, du VIe siècle au IIIe siècle av. J.-C., Rome, École française de Rome, coll. « Collection de l'École française de Rome » (no 312), , 188 p. (ISBN 2-7283-0607-9, lire en ligne).
  • Jean-Marc Irollo, Histoire des Étrusques : l'antique civilisation toscane, VIIIe-Ier siècle av. J.-C., Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 313), , 212 p. (ISBN 978-2-262-02837-4).
  • Venceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaire : des origines à la romanisation et au christianisme, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1005 p. (ISBN 2-221-05690-6).
  • Christine Lorre et Veronica Cicolani, Golasecca : du commerce et des hommes à l'âge du fer (VIIIe-Ve siècle av. J.-C.), Paris, Réunion des musées nationaux, , 176 p. (ISBN 978-2-7118-5675-6).
  • Ruth Megaw et John Megaw, Art de la Celtique : des origines au Livre de Kells, Paris, Errance, , 276 p. (ISBN 2-87772-305-4).
  • (it) Chiara Tarditi, Angelo Eugenio Fossati, Raphaele Carlo De Marinis, Stephania Casini et Piera Melli, Dalla Grecia all'Europa : atti della giornata di studi (Brescia, Università cattolica, 3 marzo 2006) : la circolazione di beni di lusso e di modelli culturali nel VI e V secolo a.C., Brescia, Vita e Pensiero, , 176 p. (ISBN 978-88-3431494-4, lire en ligne).
  • Stéphane Verger, « Qui était la Dame de Vix ? », dans Mireille Cébeillac-Gervasoni et Laurent Lamoine, Les élites et leurs facettes : les élites locales dans le monde hellénistique et romain, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, coll. « Erga », , 792 p. (ISBN 2-84516-228-6, lire en ligne), pages 583 à 626.
  • Daniel Vitali, Les Celtes d'Italie, Paris, Collège de France/Fayard, coll. « Leçons inaugurales du Collège de France » (no 189), , 80 p. (ISBN 978-2-213-63289-6).
  • Daniel Vitali, Les Celtes : trésors d'une civilisation ancienne, Vercelli, White star, , 207 p. (ISBN 978-88-6112-467-7).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pichet confectionné à partir de bronze, mis au jour en Bavière. L'artefact est attribué pour le Ve siècle av. J.-C.. L'objet est actuellement conservé au musée national germanique de Nuremberg.
  2. Cet élément décoratif appartient à un pichet en bronze découvert aux abords de la commune de Asperg, dans le landër du Bade-Wurtemberg, en Allemagne. L'objet métallique est assigné aux environs de . Ce dernier est actuellement exposé au Landesmuseum auf Baden-Wurtenberg de Stuttgart, Allemagne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) D. W. Harding, « The Latène earlies styles », dans D. W. Harding, The Archaeology of Celtic Art, Routledge, , 336 pages p. (lire en ligne), pages 38 et 39.
  2. Venceslas Kruta et Paul-Marie Duval, L'Art celtique de la période d'expansion, IVe et IIIe siècles avant notre ère : actes du colloque, Librairie Droz, (lire en ligne), pages 38 et 39.
  3. (it) Ingrid Krauskopff, « La Schnabelkanne », sur Archives Universitaires d'Heidelberg, (consulté le 29 août 2016).
  4. (de) « Schnabelkanne mit Wappen des Herzogs Ernst von Bayern (1500-1560) », (consulté le 30 août 2016).
  5. (de) « Bronzen Schnabekanne », (consulté le 30 août 2016)
  6. Bernard Bouloumié, Les œnochoés en bronze du type "Schnabelkanne" en Italie, vol. 15, Palais Farnèse, Rome, École française de Rome, coll. « Publications de l'École française de Rome », , 362 p. (ISSN 0223-5099, lire en ligne)
  7. Jean Gran-Aymerich, « Le bucchero et les vases métalliques », dans Jean-René Jannot, Vaisselle métallique, vaisselle céramique : Productions, usages et valeurs en Étrurie, sous la direction de Jean-René Jannot., vol. Tome 97, Revue des Études Anciennes, 1995, n°1-2 (DOI 10.3406/rea.1995.4607, lire en ligne), pages 54 à 58
  8. (de) Veit Stürmer, « Schnabelkannen : eine Studie zur darstellenden Kunst in der minoisch-mykenischen Kultur », Bulletin de correspondance hellénique, no Supplément 11,‎ , pages 119 à 134 (DOI 10.3406/bch.1985.5273, lire en ligne)
  9. Dominique Briquel et Christian Landes, « Une inscription étrusque retrouvée dans les collections de la Société archéologique de Montpellier (note d'information) », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 149e année, no 1,‎ , page 11 (DOI 10.3406/crai.2005.22826, lire en ligne)
  10. « Cruche de type Schnabelkanne », sur Artéfacts, encyclopédie des petits objets archéologiques, 2012-2014 (consulté le 28 août 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres projets[modifier | modifier le code]

  • Portail de l’archéologie
  • Portail du monde celtique
  • Portail de l’Allemagne
  • Portail de la Suisse
  • Portail des Étrusques