Les Cahiers de la bande dessinée

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Les Cahiers de la bande dessinée est une revue consacrée à la bande dessinée publiée sous divers noms et formats de 1969 à 1990 par Jacques Glénat.

Lancé à l'automne 1969 sous le nom Schtroumpf par Jacques Glénat-Guttin, un adolescent amateur de bande dessinée, la revue est alors un simple fanzine d'étude ronéotypé. À partir du septième numéro (1970), Glénat-Guttin décide de professionnaliser son fanzine en en faisant une publication monographique imprimée plus luxueusement et en la renommant Schtroumpf : Les Cahiers de la bande dessinée. 46 numéros, dont trois doubles, sont ainsi publiés jusqu'à fin 1983. À partir du numéro 56 daté de février 1984, la revue change de formule et devient un bimestriel diffusé en kiosque dirigé par Thierry Groensteen sous le simple nom Les Cahiers de la bande dessinée. Renommé Les Cahiers de la BD au 79e numéro (janvier 1988), le bimestriel passe sous la direction de Numa Sadoul et change de formule à partir du no 84 (janvier 1989) avant de disparaître en juin 1990 (no 89).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le fanzine ronéotypé (1969-1970)[modifier | modifier le code]

Âgé de 15 ans, Jacques Glénat crée en 1969 le fanzine Schtroumpf, dans lequel il publie une interview d'auteur et divers articles.

Un fanzine monographique de référence (1970-1983)[modifier | modifier le code]

En 1970, Glénat-Guttin professionnalise le fanzine, qui devient Schtroumpf - Les Cahiers de la bande dessinée, et accueille les contributions d'autres amateurs de bande dessinée, avec un septième numéro consacré à Jean-Claude Mézières.

Au fil des parutions, les grands auteurs franco-belges célèbres (André Franquin, Peyo, Hergé, Jacques Martin, etc.) ou plus oubliés (Pierre Dupuis, Raymond Reding, François Craenhals, etc.) sont tous traités. À partir du 24e numéro le fanzine s'ouvre lentement aux auteurs contemporains (Claire Bretécher, Alexis, etc.), tout en continuant à assurer principalement une fonction patrimoniale. Entre 1976 et 1979, Glénat a édité un fanzine mensuel d'actualité, Schtroumpfanzine, reprenant l'esprit du fanzine originel.

La revue a un fonctionnement particulier qui cause au début des années 80 un certain essoufflement. En effet, il n'y a pas d'équipe de rédaction (Jacques Glénat ne se consacre plus qu'à sa maison d'édition) : chaque numéro dépend d'un rédacteur, qui interview l'auteur phare et réunit divers textes auprès de collaborateurs plus ou moins réguliers. Or, après 50 numéros, la plupart des grands auteurs franco-belges ont fait l'objet d'un dossier, et si Thierry Groensteen, qui dirige quatre des cinq derniers numéros de la formule, s'ouvre vers l'étranger (Willy Vandersteen et Guido Crepax), la formule ne satisfait plus personne.

La période Groensteen (1984-1988)[modifier | modifier le code]

Thierry Groensteen prend en février 1984 la direction de la revue, qui devient simplement Les Cahiers de la bande dessinée, tout en étant toujours éditée par Glénat.

En 1988, Groensteen commence à ressentir une certaine lassitude, d'autant que ses relations avec Jacques Glénat atteignent un degré de tension insupportable[1]. Ainsi, lors du Festival de Sierre, l'éditeur lui hurle en public : « Le travail que vous faites est nuisible à la profession ! » Cependant, Glénat ne se décide pas à mettre fin à une revue qu'il a créée alors qu'il sortait tout juste de l'adolescence, d'autant que, Groensteen veillant à assurer l'équilibre financier, elle ne lui fait pas perdre d'argent. Groensteen décide donc de prendre les devants et de quitter la revue. Il l'annonce à Glénat en lui recommandant de nommer Gilles Ciment rédacteur en chef. Glénat, après avoir acquiescé verbalement, licencie l’équipe rédactionnelle et confie à Numa Sadoul le soin de mettre au point une nouvelle formule. Le numéro 83 de décembre 1988 est donc le dernier des Cahiers deuxième formule.

La période Sadoul (1989-1990)[modifier | modifier le code]

Selon Groensteen, « il s’agissait alors de donner à la bande dessinée l’équivalent du magazine Première, alors que Les Cahiers de la BD étaient plutôt assimilés jusque-là aux Cahiers du cinéma »[1]. Numa Sadoul et Yves Schlirf, les nouveaux rédacteurs, se lancent « dans une politique de dépenses afin de créer une revue branchée, dans l’espoir de trouver un plus large lectorat ». Le premier numéro paraît au premier trimestre 1989. Les lecteurs qui appréciaient la rigueur intellectuelle des Cahiers de Groensteen ne goûtent pas cette formule, qui n'en attire pas de nouveaux. Après six numéros, les Cahiers de la BD cessent de paraître en juin 1990.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pour ce paragraphe : Groensteen (1998)

Documentation[modifier | modifier le code]

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