Michel Pinault (historien)

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Michel Pinault
Biographie
Naissance
Nationalité Français
Thématique
Formation Université de Nanterre, université de la Sorbonne
Titres agrégation d'histoire (1986), docteur en histoire (1999), chercheur CNRS
Profession Historien
Travaux
  • Frédéric Joliot-Curie (2000)
  • 'La science au Parlement - Les débuts d'une politique des recherches scientifiques (2006)
Approche histoire des milieux et des politiques scientifiques

Michel Pinault, né en 1951, est un historien contemporanéiste, spécialiste en histoire des sciences, des milieux et des intellectuels scientifiques, des rapports entre science et politique. Il est biographe de Frédéric Joliot-Curie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Michel Pinault est né en 1951. Il grandit à Bezons dans le Val-d'Oise, au sein d'une famille ouvrière engagée dans le militantisme syndical et communiste. Ses parents accordent une attention particulière à la culture littéraire et théâtrale[1]. Ils fréquentent régulièrement le théâtre de Sartrouville marqué par la direction de Patrice Chéreau puis de Catherine Dasté.

Ce milieu, associé à une ascendance maternelle d'Espagnols républicains[2], stimule chez Michel Pinault une appétence intellectuelle précoce, dans une banlieue ouvrière à forte implantation municipale communiste.

Élève, il fréquente l'école du Centre à Bezons de 1956 à 1961, puis le lycée Romain-Rolland à Argenteuil de 1961 à 1969, année où il obtient le baccalauréat[N 1]. Lycéen, Michel Pinault est un militant actif de la Jeunesse communiste, accédant rapidement à des responsabilités nationales (Commission scolaire de l'UJCF). Il accorde, cependant, la priorité au succès de ses études. Inscrit à l'université de Paris X-Nanterre, il obtient une licence de géographie en 1972.

Professeur de lycée[modifier | modifier le code]

1983-1984.

Après la réussite au concours du Capes (1975), il est professeur dans différents collèges et lycées : à Condé-sur-Escaut en 1976, à Sannois en 1976, à Gonesse de 1977 à 1985, à Enghien de 1985 à 1991 puis à Herblay de 1991 à 2004. À la suite de deux années passées au CNRS, il termine sa carrière au lycée Albert-Camus à Bois-Colombes.

Entre-temps, il prépare le concours de l'agrégation en suivant les cours de la Sorbonne où il retrouve son collègue de lycée, Joël Cornette qui vient d'être recruté comme maître de conférence d'histoire moderne dans cette université. Et parallèlement, il entame ses recherches sur l'histoire sociale et intellectuelle du grand physicien communiste Frédéric Joliot-Curie[3].

Parcours et titres[modifier | modifier le code]

De son agrégation d'histoire à sa thèse, de ses ouvrages à ses différentes publications, Michel Pinault est resté, pour l'essentiel, professeur dans l'enseignement secondaire[4].

  • 1988 : professeur agrégé d'histoire.
  • 1999 : docteur en histoire avec une thèse intitulée : Frédéric Joliot, la science et la société, Un itinéraire de la physique nucléaire à la politique nucléaire (1900-1958), dir. Antoine Prost.
  • 2004-2006 : détaché au CNRS.
  • 2005-2008: secrétaire de la revue Histoire et Sociétés, revue européenne d'histoire sociale
  • 2006-2013 : chercheur associé au Centre Alexandre Koyré d’histoire des sciences et des techniques (EHESS-CNRS-Muséum).

Travaux historiques[modifier | modifier le code]

Frédéric Joliot-Curie, entre science et politique nucléaire[modifier | modifier le code]

Irène et Frédéric Joliot-Curie 1935.

Par sa biographie de Joliot-Curie, l'historien Michel Pinault tente de lier l'itinéraire individuel et l'impact qu'il rencontre dans la société[5]. Il met à jour la notion de "chercheur", dont le sens actuel apparaît dans les années 1930. Il réfléchit au concept de "responsabilité" du savant et à la singularité des organismes liés à recherche nucléaire en France après 1945.

Frédéric Joliot dit Joliot-Curie (1900-1958) est l'un des Français les plus connus dans le monde et en France après la Seconde Guerre mondiale. Le général de Gaulle lui a accordé des obsèques nationales en 1958. Michel Pinault le considère comme le prototype du "chercheur" dans les années 1930.

Ingénieur physicien de formation, et non universitaire, il sort premier de sa promotion à l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris et, sur les conseils de son professeur, Paul Langevin, entre comme préparateur particulier de Marie Curie à l'Institut du Radium en 1924. Il fait la connaissance d'Irène Curie, fille de Marie. Ils se marient en 1926. Le couple de savants obtient le prix Nobel de chimie en 1935 pour ses découvertes sur la radioactivité "artificielle" (terme que récusait les Joliot-curie).

À la Libération, il dirige le CNRS et fonde, à la demande du général de Gaulle, le Commissariat à l'énergie atomique[6]. Joliot-Curie affirme, dès 1946, que son action vise le développement de l'énergie atomique civile et non la fabrication de l'arme nucléaire.

Joliot-Curie : non à la bombe atomique !.

Michel Pinault relève que le CEA est un cas unique au monde : "c'est le seul centre de recherche nucléaire qui a échappé au contrôle des militaires, et des politiques d'ailleurs, pendant plusieurs années. On peut dire que les scientifiques ont été au pouvoir, à l'origine du CEA. C'était la volonté de ces scientifiques (notamment Pierre Auger, Irène Curie, Frédéric Joliot, Francis Perrin, Lew Kowarski, Bertrand Goldschmidt, Pierre Biquard, Léon Denivelle, Jean Langevin[7]) qui pensaient que dans la période qui s'ouvrait la science allait avoir des responsabilités nouvelles, directement au pouvoir. C'est peut-être une des illusions de l'époque, et Joliot a été au cœur de cette illusion"[6].

Joliot-Curie est un militant communiste. Par sa renommée internationale, il devient responsable du Conseil mondial de la paix qui lance en 1950 en avril 1950 le célèbre "Appel de Stockholm". En pleine Guerre froide, cette initiative lui coûte son poste : fin avril, le conseil des ministres révoque Joliot-Curie de toute fonction au CEA. Michel Pinault considère que les convictions du physicien ne pouvaient que le conduire à ce défi redoutable : "La trajectoire de Joliot est bouleversée quand, risquant le pouvoir et les projets que lui ouvraient ses mérites de scientifique et d'organisateur de grandes entreprises scientifiques, il a remis tout en jeu pour porter les combats de l'intellectuel et du militant au maximum de leur rayonnement. Révoqué (...), il a connu un isolement et un ostracisme aujourd’hui inimaginable"[8].

Pour l'historien, l'engagement de Joliot s'inscrit dans la tradition de l'Affaire Dreyfus à laquelle s'ajoutait, plus fortement après l'usage militaire du nucléaire en 1945, "celle du savant responsable, (...) car la croyance en la puissance de la science, issue du rationalisme et du positivisme, impliquait la responsabilité du savant quant à l'usage fait de ses découvertes"[8].

L'implication politique de Joliot-Curie, au sein de l'univers communiste, est plus forte que celle d'autres intellectuels, scientifiques ou artistes : "Il occupa jusqu'à la fin de sa vie des fonctions importantes et lourdes de dirigeant du Conseil mondial de la paix et de la Fédération mondiale des travailleurs scientifiques. La mort a brisé le développement des nouvelles responsabilités que son entrée au comité central du PCF, en 1956, pouvait lui valoir. Il s'agissait donc bien plutôt d'un dirigeant communiste à part entière, sur une trajectoire rappelant celles du biologiste Marcel Prenant et de l’écrivain Louis Aragon, et non d'un cas de plus d'intellectuel-symbole comme le furent Picasso, Paul Éluard ou Fernand Léger"[8].

Pour Michel Pinault, la biographie de Joliot-Curie relève de l'histoire des sciences et "permet de reconstituer l’impact qu’eut son action sur la société, à l’aube de l’ère nucléaire. Cet impact ayant été occulté, on n’a pas assisté à l’installation d’un mythe comme ce fut le cas avec Marie Curie et l’essor de la radioactivité ou après Pasteur, en liaison avec la révolution pastorienne"[8].

Les politiques scientifiques[modifier | modifier le code]

Dans ce livre, Michel Pinault restitue les modalités d'introduction de la recherche scientifique dans les discours parlementaires et dans l'action publique.

Il s'attache, naturellement, à la figure du député-sénateur Jean-Honoré Audiffred, auteur d'une loi (1896) permettant aux laboratoires de médecine d'obtenir une allocation[9] et à l'origine de la création du premier dispositif national d'aide à la recherche : la Caisse des recherches scientifiques.

L'historien met à jour trois dynamiques : "la naissance de l’idée d’une responsabilité étatique en matière de recherche scientifique ; le rôle des réseaux d’influence en faveur d’un financement public de la recherche ; les premières manifestations d’une politique qui, après bien des échecs, aboutit à la création du CNRS en 1939"[10].

Son histoire n'est pas une simple retranscription des débats parlementaires mais leur analyse à partir des critères de la lexicologie. Il s'inspire "de l'histoire des sciences, de la sociologie des réseaux ou de l'analyse lexicale"[11].

L'auteur d'une histoire du CNRS, Denis Guthleben retient cette explication de Michel Pinault à propos de la création de la Caisse des recherches scientifiques : "aucun plan d'ensemble ne pouvait être formulé à propos de questions dont personne n'entrevoyait l'ampleur des implications et les développements à venir. C'est au contraire dans un ancrage étroit dans les préoccupations du moment - catastrophes minières, crise du phylloxera, lutte contre les épidémies, traitement des eaux, hygiénisme - et par étapes, sous la pression des intérêts les plus divers, ceux des agriculteurs, des industriels, des urbanistes et, pourquoi pas, ceux des universitaires, que des éléments de politique en matière de recherches scientifiques se mirent en place[12] .

Histoire et Sociétés, revue européenne d'histoire sociale[modifier | modifier le code]

De 2002 à 2009, Michel Pinault fait partie de la petite équipe d'historiens et de sociologues, venant de plusieurs pays d'Europe et réunie dans le "Groupe d'histoire sociale", qui fonde et développe une revue d'histoire autour du projet de "restituer pleinement une dimension sociale à la compréhension des sociétés européennes" et de proposer une approche comparatiste des sociétés européennes.

La maquette originale de cette revue, à l'iconographie abondante, mais aussi le rubricage et la composition des "dossiers" signent la volonté des membres de ce groupe de se démarquer dans la production universitaire courante. Vingt huit livraisons de cette revue paraissent, de 2002 à 2009. Michel PInault y publie deux articles, dans les numéros 4 et 25, et il est secrétaire de la rédaction, de 2005 à 2008. Dans le n° 27 (janvier 2009), la rédaction dresse un bilan de ces sept années de parution et publie un index des articles parus. Un ultime numéro (janvier 2009) propose un dossier sur "Le travail au cœur de l'histoire sociale"[13].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • 2000 : Frédéric Joliot-Curie, éd. Odile Jacob, 712 p.
  • 2005 : Doisneau chez les Joliot-Curie - Un photographe au pays des physiciens, Romain Pages éditions, Sommières.
  • 2006 : La science au Parlement - Les débuts d'une politique des recherches scientifiques, CNRS-éditions.
  • 2015 : Maurice Barrès et « la grande pitié des laboratoires de France » - Discours parlementaires pour une politique des recherches scientifiques en France, 1919-1923, L'Harmattan.

Chapitres d'ouvrages[modifier | modifier le code]

Jean Perrin (1927), sous-secrétaire d'État à la recherche dans le gouvernement Léon Blum en 1936.
  • « Du rôle de l’émergence d’une identité et d’un mouvement de "chercheurs" dans la naissance d’une profession, "la Recherche" », dans Daniel Dufourt et Jacques Michel, La Vie politique de la science, L’Interdisciplinaire, 2008, p. 201-219.
  • « Naissance et du développement du SNCS-FEN : le syndicalisme comme reflet et agent de la professionnalisation des "chercheurs scientifiques"», dans Laurent Frajerman et al. (dir), La Fédération de l’Éducation Nationale (1928-1992), Histoire et archives en débat, Presses Universitaires du Septentrion, 2010, p. 59-69.
  • Diverses notices de scientifiques militants dans les derniers volumes parus du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (période 1940-1968), éd. de l’Atelier.
  • « Les scientifiques et le Front populaire », dans Xavier Vigna, Jean Vigreux et Serge Wolikow, Le pain, la paix, la liberté, Expériences et territoires du Front populaire, Éditions sociales, 2006, p. 173-194.
  • « Experts et/ou engagés ? Les scientifiques entre guerre et paix, de l’Unesco à Pugwash », dans Jean-François Sirinelli et Georges-Henri Soutou, Culture et guerre froide, Presses Universitaires Paris-Sorbonne, 2008, p. 235-249.
  • « De l’Association des travailleurs scientifiques au Syndicat national des chercheurs scientifiques, l’émergence d’un syndicalisme de chercheurs (1944-56) », dans Danielle Tartakowsky et Françoise Tétard (dir.), Syndicats et associations. Concurrence ou complémentarité ? Presses Universitaires de Rennes, 2006, p. 77-86.
  • « Aux débuts de la Big Science. La création et l’essor des laboratoires des Joliot-Curie », dans M. Pinault (dir.), Robert Doisneau chez les Joliot-Curie - Un photographe au pays des physiciens, CNAM / Romain Pages, Sommières, 2005, p. 12-26.
  • « Les scientifiques, l’atome, la guerre et la paix », dans P. Causarano et d’autres (dir.), Le XXe siècle des guerres, éd. de l’Atelier, 2004, p. 380-396.
  • « L’intellectuel scientifique : du savant à l’expert », dans Michel Leymarie et Jean-François Sirinelli (dir.), L’Histoire des intellectuels aujourd’hui, Paris, PUF, 2003, p. 229-254.
  • « Le Conseil Mondial de la Paix dans la Guerre froide », dans Jean Vigreux et Serge Wolikow (dir.), Cultures communistes au vingtième siècle, Entre guerre et modernité, La Dispute, 2003, p. 143-156.
  • « Quelques réflexions sur la place des scientifiques au sein du PCF dans l'après-guerre », dans Claude Pennetier, Marges et replis, frontières, cas limites dans la gauche française, Paris, CHS XXe siècle, 2002, p. 59-65.
  • Notice de présentation des Actes du colloque « Actualité de Frédéric Joliot-Curie » et deux communications sur « Responsabilité scientifique et engagement » et sur « L'organisation de la recherche : Frédéric Joliot, le CNRS et le CEA », dans M. Bordry et P. Radvanyi, Œuvre et engagement de Frédéric Joliot-Curie, EDP Sciences, Les Ulis, 2001, p. XIII-XV, 144-146 et 173-183.
  • « Le Chercheur », dans Jean-Pierre Rioux et Jean-François Sirinelli (dir.), La France d'un siècle à l'autre, 1914-2000, Dictionnaire critique, Hachette-Littératures, 1999, p. 582-587.
  • « Frédéric Joliot, disciple et héritier de Paul Langevin », Épistémologiques, vol. 2, n° 1-2/2002, p. 189-204, actes du colloque Paul Langevin, organisé à l’ESPCI par le CRHPS - Paris X Nanterre, REHSEIS/CNRS et Paris VI-Denis Diderot, juin 1997.
  • « Pierre Biquard », « Francis Perrin », Deux notices biographiques dans M. Cordillot, C. Pennetier et J. Risacher (dir.), « Notices nouvelles, 1789-1939 », vol. 44 du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, éditions de l'Atelier, Paris, 1997.
  • « Frédéric Joliot-Curie, « Irène Joliot-Curie », Deux notices biographiques dans J. Julliard et M. Winock (dir.), Dictionnaire des intellectuels français, Seuil, 1996.

Articles[modifier | modifier le code]

Les Joliot-Curie.
  • « GUMS 1948-1955, une association dans l'air du temps », série d'articles sur le Groupe universitaire de montagne et de ski, dans la revue Le Crampon, octobre 2008. lire en ligne
  • « Portrait de groupe d’universitaires parisiens en leur villégiature bretonne : L’Arcouest dans la première moitié du XXe siècle », Histoire et Société, Revue européenne d’histoire sociale, no 25-26, avril 2008, p. 136-157.
  • « Marie Curie et l’engagement des intellectuels », Clio, Histoire, Femmes et Sociétés, 24, décembre 2006, p. 211-229.
  • « Les atomistes américains en campagne – La médiatisation du péril atomique dans l’immédiat après-guerre aux États-Unis (1945-46) », Le Temps des Médias, no 4, printemps 2005, p. 101-113.
  • « Les usages politiques de la notoriété scientifique », Histoire et Sociétés, revue d’histoire sociale européenne, no 4, 4e trimestre 2002, p. 98-115.
  • « La Réaction en chaîne, de la compétition au secret, les modifications de la communauté scientifique qui en découlent (1939-1940) », dans André Guillerme (dir.), « De la diffusion des sciences à l'espionnage scientifique et industriel, XVe-XXe siècles », Cahiers d'histoire et de philosophie des sciences, no 47-1999, ENS, Paris, p. 265-288.
  • “The Joliot-Curies : Science, Politics, Networks”, dans History and Technology, 1997, vol. 13, n° spécial, Soraya Boudia and Xavier Roqué (Guests Editors), “Science, Medicine and Industry”, p. 307-324.
  • « Naissance d'un dessein : Frédéric Joliot et le nucléaire français (août 1944 - septembre 1945) », Revue d'histoire des sciences, 1997, 50 / 1-2, p. 3-47.
  • « Frédéric Joliot, les Allemands et l'Université, aux premiers mois de l'Occupation », Vingtième siècle, revue d'histoire, avril-juin 1996, , p. 67-88.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Le lycée de ces années couvrait les deux cycles de l'enseignement secondaire, de la classe de 6e à celle de Terminale. Depuis 2011, le lycée a été débaptisé et porte le nom de Julie-Victoire Daubie. En 1967, Michel Pinault est en classe de Première quand Josette Audin, veuve de Maurice Audin devient professeur de mathématiques au lycée Romain-Rolland.
Références

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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