Observatoire de l'Espace

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Observatoire de l'Espace
Situation
Région Ile-de-France
Création 2000
Type Laboratoire culturel
Siège Centre National d'Etudes Spatiales
Coordonnées 48° 51′ 41″ N, 2° 20′ 42″ E
Organisation
Responsable Gérard Azoulay

Site web http://cnes-observatoire.net/

Au sein du Centre national d’études spatiales (CNES), l’Observatoire de l’Espace est un laboratoire culturel[1] qui a pour vocation de rendre l’Espace accessible au public par d’autres moyens que la vulgarisation scientifique. Il s’attache à montrer l’importance du domaine spatial dans les représentations et l’imaginaire collectif. Il ouvre les portes du CNES[2] à des artistes de tous horizons pour leur faire découvrir les activités spatiales et faire naître des créations qu’il partage avec le public le plus large.

Historique[modifier | modifier le code]

L’Observatoire de l’Espace est créé en 2000 sur la proposition de Gérard Azoulay, alors responsable des relations avec les collectivités territoriales au CNES et astrophysicien de formation[3].

Depuis sa création, l’Observatoire de l’Espace noue des partenariats avec des établissements culturels qui partagent son approche transdisciplinaire : des muséums et des musées d’histoire (muséum de Lyon, de Lille, de Besançon, la Coupole d'Helfaut…), des centres de création artistique, scénique et littéraire (Théâtre ouvert à Paris, la Chartreuse à Villeneuve-lès-Avignon, le Grand T à Nantes, La Bellone et la Fabrique de Théâtre en Belgique…), et des Maisons d’écrivains (la maison de la Poésie à Paris, Maison Jules-Verne à Amiens).

De 2004 à 2014, l’Observatoire de l’Espace a participé à dix éditions des Journées européennes du Patrimoine[4]. Chaque année, une exposition était présentée au siège du CNES pour présenter des éléments du patrimoine spatial (têtes de fusée, satellites, instruments scientifiques, documents d’archives, etc.) et permettre au public de dialoguer avec des témoins ou des acteurs de l’aventure spatiale. Depuis 2008, l’Observatoire de l’Espace a également participé à cinq éditions de la Nuit européenne des musées, rassemblant chaque fois une quarantaine de musées des beaux-arts, d’art moderne, d’art contemporain, d’histoire ou d’archéologie, autour d’une notion (l’Espace habité) ou d’un dispositif de médiation (Déambulations spatiales[5]). Depuis 2014 enfin, l'Observatoire de l'Espace prend part à la manifestation artistique Nuit Blanche et y présente le travail d'artistes inspirés par les archives de programmes spatiaux.

Programmes[modifier | modifier le code]

En tant que laboratoire culturel, l’Observatoire de l’Espace adopte une démarche spécifique : il collecte des matériaux liés à l’univers spatial et les propose à des artistes pour faire émerger de nouvelles créations[6]. Cette démarche s’incarne à travers deux programmes.

Le programme « Histoire culturelle de l’Espace »[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, l’Observatoire de l’Espace développe une histoire culturelle de l’Espace en réalisant depuis 2005 des inventaires des traces du spatial sur Terre. Différents types d’inventaires ont été constitués : sur les instruments du spatial appelé IPSI (inventaire du patrimoine spatial instrumental), le patrimoine spatial radiophonique et audiovisuel (IPSAV), le patrimoine spatial artistique (IPSAR), le patrimoine spatial immobilier (IPSIM), le patrimoine spatial des objets et représentations (IPSOR).

L’Observatoire de l’Espace mène également une politique de soutien à la recherche en sciences humaines et en histoire de l’art sur le thème de l’Espace. Pour cela, il accueille des post-doctorants et noue des partenariats avec des laboratoires de recherches (CLLE ERSS[7], ISIC[8], LISST[9], etc.).

Il a également créé le blog académique «Humanités spatiales» en avril 2015. Ce blog propose un espace d’analyse, de réflexion et de dialogue aux chercheurs en sciences humaines et sociales qui s’intéressent à l’espace et aux activités spatiales, en particulier à ses diverses représentations culturelles, qu’elles soient scientifiques, artistiques, littéraires, visuelles, sonores, etc. L’ensemble de ces recherches nourrit les matériaux mis à disposition des artistes pour réaliser leurs créations.

Le programme « Création et imaginaire spatial »[modifier | modifier le code]

L’Observatoire de l’Espace soutient la création artistique à travers son programme « Création et Imaginaire Spatial ». Il propose des résidences hors les murs à des artistes ayant un projet de création en lien avec l’Espace[10].

L’Observatoire de l’Espace offre aux artistes en résidence différents processus d’immersion dans l’univers spatial : entretien avec des spécialistes du monde spatial, recherche de documentation et de données scientifiques, accès à des lieux où se déroule l’activité spatiale (laboratoires[11], bâtiments patrimoniaux, sites industriels, centres techniques), participation à des séminaires scientifiques ou encore vol en impesanteur dans l’Airbus Zéro-G[12].

Les créations qui résultent de ce programme sont variées : de la littérature à l’art contemporain en passant par le spectacle vivant ou la musique contemporaine. Elles sont montrées au public lors de manifestations organisées par l’Observatoire de l’Espace et présentées dans d’autres lieux culturels à l’initiative des artistes.

Productions[modifier | modifier le code]

Évènements[modifier | modifier le code]

Le festival Sidération[modifier | modifier le code]

Observatoire de l'Espace du CNES

Le festival Sidération[13]a lieu tous les ans, au mois de mars, au siège du Centre national d’études spatiales (CNES) à Paris. Depuis 2010, il propose au public une immersion dans l’imaginaire de l’Espace à travers des créations qui couvrent tous les champs artistiques. La programmation est éclectique : théâtre, musique, vidéo, cinéma, arts visuels, expérience participative, lecture, ou encore récits scientifiques réels ou imaginés[14]. Chaque année, une trentaine d'artistes présentent leurs créations en lien avec l'Espace, au siège du CNES, transformé en scène arts-sciences pour l'occasion. Ces œuvres sont souvent issues d'un accompagnement des artistes au sein de l'Observatoire de l'Espace, à travers la résidence hors les murs, la mise à disposition des ressources de l'univers spatial, ou des appels à textes pour la revue Espace(s).

Nuit Blanche[modifier | modifier le code]

L’Observatoire de l’Espace organise des expositions, notamment à l’occasion de Nuit Blanche. En 2014[15], 2015[16], 2016[17] et 2017[18], l’Observatoire de l’Espace a lancé un appel à projets à des artistes autour d’un thème lié à l’histoire spatiale. Il met à leur disposition un corpus d’archives pour enrichir leur imaginaire ou servir de base à leur création. Les œuvres produites sont exposées en regard du corpus d'archives, à l’occasion de la Nuit Blanche au siège du CNES.

Autres évènements[modifier | modifier le code]

En parallèle de ces évènements, l’Observatoire de l’Espace organise ou participe, en partenariat avec d’autres institutions culturelles, à des manifestations dans toute la France.

2009 : l’Observatoire de l’Espace a organisé, en partenariat avec la Bibliothèque Publique d’information (BPI) au centre Pompidou, un cycle de conférences intitulé L’Espace : décryptage[19]. Chercheurs, ingénieurs, historiens et personnalités du monde spatial ont questionné quelques mythes associés aux activités spatiales depuis un demi-siècle : en quoi le succès du voyage sur la Lune masque-t-il l’imposture de Wernher Von Braun, le responsable du projet ? La surveillance et le contrôle de la Terre via les satellites présagent-ils du règne de « Big Brother » ? L’accès à l’Espace a-t-il produit de nouvelles icônes ?

2012 : L’Observatoire de l’Espace a participé à la Biennale internationale de Céramique de Vallauris où il présentait l’exposition « L’Espace des métamorphoses »[20] dans la Chapelle de la Miséricorde. Cette exposition visait à explorer les relations entre la création contemporaine, la céramique et l’univers spatial.

2013 : « la Faune de l’Espace »[21]. Le théâtre du Grand T de Nantes a donné carte blanche à l’Observatoire de l’Espace pour investir une partie de ses lieux et construire une programmation arts-sciences dans le cadre de sa première attraction : "Rencontrer l’Animal".

2014 : « Espace(s) fait sa revue », l’Observatoire de l’Espace organise une série d’événements autour de la publication de sa revue, Espace(s). Ces événements sont organisés en partenariat avec des institutions culturelles françaises (Planétarium de Vaulx-en-Velin[22], Centre International de Poésie de Marseille[23]…). Ils réunissent des auteurs de la revue, des artistes et des scientifiques autour d’un thème spatial pour croiser les regards et faire émerger différentes dimensions de l’Espace.

2016 : L'Observatoire de l'Espace et Les Abattoirs se sont associés pour co-produire l'exposition « Prévisions », dont le commissariat était assuré par Gérard Azoulay, responsable de l'Observatoire de l'Espace, et Christophe Kihm, critique d'art. Elle visait à explorer la valeur formelle du plan d'engin spatial, le premier voyage que suggère le plan et le potentiel esthétique de celui-ci.

Les Voyageurs de l'Espace[modifier | modifier le code]

Les Voyageurs de l’Espace est une formation artistique créée dans le giron de l’Observatoire de l’Espace en 2009 qui joue de l’hybridation des imaginaires et des formes artistiques. Chaque création des Voyageurs de l’Espace fait appel à un plateau différent, mêlant musiciens, danseurs, comédiens, auteurs et scientifiques venus partager leur expérience de l’Espace. Les Voyageurs de l’Espace ont réalisé plusieurs projets artistiques dont Correspondances Paris-Moscou (2010), Chute libre[24](2013-2015) et Musique d'ailleurs qui a donné lieu à l'enregistrement d'un album sorti en 2016.

Éditions[modifier | modifier le code]

La revue Espace(s)[modifier | modifier le code]

La Revue Espace(s)[25] est une revue bi-annuelle dédiée à la littérature contemporaine et à la création touchant à tous les domaines (de la typographie à la scène en passant par la BD, la photographie, le dessin, la musique, la poésie, etc.). Elle rassemble dans chaque numéro une trentaine de textes et contributions plastiques autour d’un thème lié à la réalité ou à l’imaginaire du monde spatial (« Rêves, révoltes, révolutions »[26], « Obsessions et fascinations »[27], « Huis clos »[28], etc.). Cette collection se présente sous la forme de « cahiers de laboratoire » pour rapprocher univers littéraire et scientifique. Elle accueille également les travaux des artistes résidents du programme Création et Imaginaire spatial et les œuvres plastiques produites par l'Observatoire de l'Espace.

Le musée imaginaire de l’Espace[modifier | modifier le code]

La collection « Musée imaginaire de l’Espace »[29] associe différents points de vue sur des thèmes liés au spatial. Elle donne accès à un regroupement d’œuvres, d’instruments et d’objets d’origines diverses qui sont dispersés dans des institutions très variées (musées, laboratoires, centres d’archives, etc.). Cette collection a pour vocation de cerner le patrimoine issu des activités spatiales et d’en indiquer les nombreuses influences et les interactions historiques, littéraires et artistiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Carpentier, « Les lois de la légèreté universelle », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. « L'Observatoire de l'Espace du CNES »
  3. G.B, « Gérard Azoulay, la tête dans les étoiles », Portraits, Connaissance des Arts, mai 2011
  4. « L'Observatoire de l'Espace - Les manifestations », sur www.cnes-observatoire.net (consulté le 29 avril 2015)
  5. « Danielle Birck, Déambulations spatiales, à l’occasion de la Nuit des musées »
  6. « Les cahiers de l'Observatoire de l'Espace »
  7. Anne Condamines, Aurélie Picton. « Des communiqués de presse du Cnes à la presse généraliste - Vers un observatoire de la diffusion des termes », La néologie en langue de spécialité, CRTT, p. 165-188, 2014.
  8. Olivier Laügt, « La représentation du fait spatial dans la presse quotidienne nationale en 2006 », Communication: information, médias, théories, pratiques, vol.28, no 1, éd. Nota Bene, 2010.
  9. Lamy Jérôme , « Grandeur scientifique et politiques de l'espace : la création et le transfert du CNES (1958-1974) » , Revue d'histoire moderne et contemporaine, no 58-1, p. 156-177, 2011.
  10. « Collaboration avec les artistes et les écrivains »
  11. « Un artiste au Latmos, Observatoire de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines »
  12. Olivia Barron, « Artistes sans gravité », Blog Le Monde,‎ (lire en ligne)
  13. Agnès Santi, « Festival Sidération, au croisement de l’art et de la science », La Terrasse,‎
  14. Mireille Davidovici, « Sidération, festival des imaginaires spatiaux », Théâtre du blog,‎ (lire en ligne)
  15. Pierrick Moritz, « Contakt : Nuit Blanche pour quatre créateurs en vue », Art Without Skin - L'art sans la peau,‎ (lire en ligne)
  16. http://www.novaplanet.com/radionova/49786/episode-l-invite-de-la-matinale-erwan-venn
  17. Frédérique Roussel, Gilles Renault, "Quatre phares dans la nuit", Libération, 30 septembre 2016, http://www.liberation.fr/france/2016/09/30/quatre-phares-dans-la-nuit_1516233
  18. Grégoire Caron, "Nuit Blanche 2017: comme un seul homme", ArtsHebdo Média, 6 octobre 2017, http://artshebdomedias.com/article/nuit-blanche-2017-seul-homme/
  19. « Web TV / Web Radio : La réalité de la surveillance et du contrôle de la Terre », sur webtv.bpi.fr (consulté le 29 avril 2015)
  20. « Biennale internationale de Vallauris 2012 Création contemporaine et céramique: Exposition "L'espace des métamorphoses" », sur biennale-vallauris2012.blogspot.fr (consulté le 29 avril 2015)
  21. Isabelle Labarre, « Les attractions animales s'installent au Grand T », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)
  22. « Et le vol dans l’espace, alors ? - Planétarium de Vaulx-En-Velin » (consulté le 29 avril 2015)
  23. « cipM - Manifestations », sur www.cipmarseille.com (consulté le 29 avril 2015)
  24. « chute libre | CHantier Arts, Technologies et Sciences », sur www.athenor.com (consulté le 29 avril 2015)
  25. « La revue Espace(s) »
  26. « Rêves, révoltes, révolutions», Espace(s) no 11, Observatoire de l’Espace, 2015
  27. « Obsessions et fascinations », Espace(s) no 10, Observatoire de l’Espace, 2014
  28. « Huis clos », Espace(s) no 8, Observatoire de l’Espace, 2012
  29. « Collection Musée imaginaire de l'Espace »

Liens externes[modifier | modifier le code]

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