Oppidum

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Oppidum

Un oppidum celte typique datant du Ier siècle av. J.-C..
Localisation
Pays Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Croatie, France, Espagne, Hongrie, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne (essentiellement les r√©gions de Basse-Sil√©sie et Vo√Įvodie d'Opole), Portugal, R√©publique tch√®que, Slovaquie, Suisse.
Europe Civitates celtes
Superficie Varie de 4 à plus de 100 hectares hectares
Histoire
√Čpoque Hallstatt D et p√©riode Lat√©nienne.
Oppidum

Vestiges de murs porteurs d'habitats au sein de l'oppidum √©duen Bibracte, situ√© sur le promontoire du Mont Beuvray, en Sa√īne-et-Loire.

Définition
Autres noms unité urbaine proto-historique fortifiée celte
Auteur Historiens romains, dont notamment Tacite, Pline l'Ancien et l'empereur romain Jules C√©sar dans son Ňďuvre Bello Gallico et le g√©ographe grec Strabon.
Caractéristiques
Répartition géographique Europe celtique
P√©riode √āge du fer celtique
Chronologie VIIe siècle av. J.-C. / Ier siècle av. J.-C.
Type humain associé Celtes
Tendance climatique Tempéré : continental à océanique et méditerranéen
Signe particulier Accroissement exponentiel du nombre d'oppida à partir du début du IIIe siècle av. J.-C.. Celles-ci ne se pérennisent pas après la romanisation des peuples celtes.

Subdivisions

Hallstatt final ; La Tène A ; La Tène B ; La Tène C

Objets typiques

Murus gallicus : fortification type des oppida

Un oppidum (du latin n. oppidum, pl. oppida¬†: ¬ę¬†ville¬†¬Ľ, ¬ę¬†agglom√©ration g√©n√©ralement fortifi√©e¬†¬Ľ¬†; le pluriel francis√© donne¬†: oppidums[1]) est le nom donn√© par les historiens romains √† un type d'habitat protohistorique fortifi√© que l'on trouve en Europe occidentale et centrale[2].

Il b√©n√©ficie presque toujours de d√©fenses naturelles li√©es √† son implantation sur des lieux d'acc√®s difficile¬†: soit en position de surplomb (tels que des √©perons barr√©s, des collines ou des plateaux)¬†; soit dans un contexte d'isolement hydrographique (tel que des √ģles, des presqu'√ģles, des caps, des m√©andres de fleuves, ou encore des marais).

Il s'agit d'un lieu habité de façon permanente [2] qui remplit des fonctions économiques, politiques et parfois religieuses.

Les oppida celtiques connaissent un √Ęge d'or lors des IIe et Ier¬†si√®cle av.¬†J.-C., au cours de ce que l'on nomme la Civilisation des oppida. Apr√®s la conqu√™te romaine, une bonne partie des oppida sont abandonn√©s tandis que d'autres continuent leur d√©veloppement pour donner naissance √† plusieurs grandes villes actuelles telles que Bourges (Avaricum) ou Besan√ßon (Vesontio). Durant le Haut Moyen √āge, certains sont √©galement r√©occup√©s √† l'image de l'oppidum de Saint-Blaise et peuvent servir de lieu de refuge temporaire en cas de conflit comme ce fut le cas de Meroliacense (Chastel-Marlhac).

Définitions[modifier | modifier le code]

Définitions anciennes et étymologie[modifier | modifier le code]

Les auteurs romains r√©servaient initialement le nom d‚Äôurbs aux villes ¬ę¬†ouvertes¬†¬Ľ¬†: agglom√©rations d‚Äôhabitants √† demeure fixe, se livrant √† l‚Äôagriculture, au commerce ou √† l‚Äôindustrie. Ult√©rieurement on les entoura quelquefois de fortifications, mais l'habitude fit conserver leur d√©nomination primitive. C'est ainsi que l‚Äôexpression urbs finit par s‚Äôappliquer aussi par extension √† des villes fortifi√©es[3].

Dans son ouvrage, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Jules C√©sar utilise le terme d‚Äôoppidum aussi bien pour des habitats ouverts (Genava) que fortifi√©s (Bibracte). Il rapproche m√™me certaines places fortes du terme urbs. On apprend selon les termes de C√©sar que l‚Äôoppidum est donc un lieu √©conomique, d‚Äô√©change dans lequel il a pu ravitailler ses l√©gions. Cependant, il ne d√©finit jamais clairement ce terme dans son Ňďuvre, tout en le distinguant du castellum. Toujours est-il que l‚Äôon applique ici un terme latin √† une autre civilisation.

Les langues celtiques poss√®dent un terme qui s'accorde bien √† ces lieux, c‚Äôest dunon (lire dŇęnon) en gaulois (latinis√© en dunum, que l‚Äôon retrouve par exemple dans Uxellodunum, Augustodunum, Lugdunum) qui signifie ¬ę¬†forteresse, enceinte fortifi√©e, mont¬†¬Ľ¬†; celui-ci a donn√© en vieil irlandais dŇęn: le fort, la forteresse. C‚Äôest aussi un site fortifi√© qui √©volue vers la ville comme le justifie le terme gallois din, le breton din de m√™me origine celtique ou le germanique commun * tŇęnaz, * tŇęnam ¬ę¬†espace clos¬†¬Ľ qui a donn√© Zaun ¬ę¬†cl√īture¬†¬Ľ en allemand, mais town ¬ę¬†petite ville¬†¬Ľ en anglais[4].

√Čtymologie de fantaisie, Andr√© Borel pr√©tend que le vrai nom de ces derni√®res √©tait oppidum, avec une racine opes qui veut dire ¬ę¬†richesse, ressources¬†¬Ľ, parce que les Romains y renfermaient leurs biens les plus pr√©cieux, leurs magasins de vivres et d'armes[3]. D'apr√®s Gaffiot, le nom se rattache √† ob-pes = contre-pied, avec le sens militaire de "base".

Il existe donc bien une ambigu√Įt√© dans la d√©finition de ce terme, usit√© pour d√©signer tant√īt un fort, tant√īt une ville. Cependant, comme l'explique Stefan Fichtl, l‚Äôoppidum comprend la notion d'espace clos. Doit-on prendre en compte alors les fronti√®res symboliques, le pomerium latin en plus des fronti√®res mat√©rielles que forment les remparts pour d√©finir l'oppidum¬†? La question reste toujours ouverte √† l'heure actuelle.

Définitions actuelles[modifier | modifier le code]

Le terme d'oppidum, a pris un sens de plus en plus précis depuis le début des fouilles archéologiques sur ce type de site, entreprises dès Napoléon III. Toutefois sa définition varie encore selon les chercheurs et les écoles. On en distingue principalement deux, une large et une restreinte[5].

La d√©finition large consid√®re comme oppidum tout habitat fortifi√© de l'√Ęge du fer situ√© en Europe occidentale et centrale, sans crit√®re particulier de superficie[5]. Cette d√©finition se focalise surtout sur les caract√©ristiques fonctionnelles de l'oppidum, qui sont une position au centre d'un territoire regroupant des activit√©s √©conomiques, politiques et sociales, m√™me si la pr√©sence de fortifications reste indispensable.

La définition restreinte limite les oppidums à un cadre précis, établi selon des critères de taille, de date et de localisation qui peuvent parfois sembler artificiels mais qui tendent à s'uniformiser[6]: Elle reprend également la distinction arbitraire que Jules César faisait entre oppidum et castellum (habitat fortifié de moindre importance)[7]. Dans ce sens, un oppidum est une agglomération fortifiée de plus de 15 hectares, construite à la fin de la Tène, au cours de ce que Joseph Déchelette nommait anciennement la Civilisation des oppida (entre le IIe siècle av. J.-C. et le Ier siècle av. J.-C..). L'aire de répartition est également plus précise et ne concerne que les grands habitats fortifiés nord-alpins (depuis le sud de l'Angleterre, jusqu'en Europe centrale et au sud de la France). Cette définition est censée exclure les villes fortifiées du pourtour méditerranéen, celles construites à la période de Hallstatt ou au début de la Tène, ainsi que de nombreuses autres ne répondant pas au critère de plus de 15 hectares.

Témoignages[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Les oppida (pluriel en langue latine) sont connus notamment gr√Ęce aux descriptions de Jules C√©sar, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules. Il en cite un grand nombre, d√©crit la topographie de plusieurs et d√©taille particuli√®rement la structure du mur de Bourges=Avaricum. Le mur de terre et de pierre est renforc√© par des traverses de bois dont les extr√©mit√©s d√©corent la fa√ßade d'un motif de quinconces. √Ä l'int√©rieur du mur, elles sont assembl√©es √† de longues poutres perpendiculaires par de grandes fiches de fer de 20 √† 30 cm comme √† Bibracte. Ce type de mur particulier aux oppida gaulois est nomm√© murus gallicus. √Ä l'inverse, dans les √ģles britanniques, o√Ļ de nombreuses enceintes fortifi√©es sont connues, de simples lev√©es de terre ou murs de pierres √©taient utilis√©s, un peu comme les mottes f√©odales.

La situation des oppida est connue gr√Ęce aux anciens itin√©raires, √† la toponymie (terminaison en -dun), √† la cartographie, √† la reconnaissance a√©rienne. Elle est confirm√©e ou non par des fouilles arch√©ologiques. Les oppida apparaissent √† partir de 200 av. J.-C. apr√®s les crises celtiques du IIIe et IVe¬†si√®cles av.¬†J.-C.. Contrairement √† l'hypoth√®se qui voyait leur √©mergence √† la suite d'une r√©action de d√©fense contre les Cimbres et les Teutons apr√®s 125 av. J.-C., c'est dans un contexte de paix que ces sites √† fonction urbaine se d√©veloppent, repr√©sentant l'aboutissement d'une √©volution socio-√©conomique interne (accroissement d√©mographique, augmentation de la taille et du nombre des habitats, d√©veloppement de grandes agglom√©rations √† fonction artisanale et commerciale) amorc√©e au IIIe¬†si√®cle av.¬†J.-C.[8].

Le nom oppidum est couramment utilis√© pour d√©signer des sites de taille tr√®s diff√©rente, allant de quelques hectares √† plusieurs centaines d‚Äôhectares¬†: l‚Äôenceinte de l‚Äôoppidum de Manching, pr√®s d‚ÄôIngolstadt en Bavi√®re (Allemagne), a ainsi pu entourer jusqu‚Äô√† 350 hectares de terrain. D'autre part, les sites connus sous ce nom ont pu √™tre utilis√©s comme forts depuis le d√©but du premier √Ęge du fer jusqu‚Äôau premier si√®cle de l‚Äô√®re chr√©tienne, la d√©nomination d‚Äôoppidum ne s'appliquant qu‚Äô√† partir du IIe¬†si√®cle av.¬†J.-C. (peut-√™tre √† une date proche de 120 av. J.-C.[9]). D√®s lors, cette diversit√© se retrouve dans le r√īle qu'ont pu jouer les oppida.

Le r√īle des oppidums[modifier | modifier le code]

Sur le continent et tout particuli√®rement en Gaule, certains oppidums ont pu √™tre consid√©r√©s comme les premi√®res formes de ¬ę¬†villes¬†¬Ľ, ou comme des ¬ę¬†centres proto-urbains¬†¬Ľ de l'Europe barbare, ce qui a donn√© lieu √† la d√©nomination de ¬ę¬†civilisation des oppidums¬†¬Ľ pour d√©signer la r√©alit√© socio-√©conomique qui pr√©dominait √† la veille de la guerre des Gaules. On sait que certains oppidums n'√©taient habit√©s que de fa√ßon √©pisodique ou utilis√©s comme refuge[r√©f.¬†n√©cessaire], et qu'ils le sont rest√©s jusque pendant le haut Moyen √āge, avant d'√™tre abandonn√©s √† la p√©riode de l'¬ę¬†ench√Ętellement¬†¬Ľ. Les difficult√©s d'interpr√©tation sur la question sont nombreuses¬†: on ne conna√ģt des infrastructures du r√©seau des oppidums que ce que l'arch√©ologie nous laisse entrevoir. Aussi, les avis des arch√©ologues divergent quant √† l'importance exacte que ces lieux pouvaient avoir dans la civilisation celtique, et en particulier dans la civilisation gauloise √† la veille de la conqu√™te romaine.

Comme le montrent des fouilles accomplies sur les sites de Manching, sur le mont Titelberg au Luxembourg, sur le mont Beuvray à Bibracte ou encore, sur l'oppidum de Corent en France, il est acquis que les oppida les plus importants ont connu une répartition régulière et dense de constructions sur leur site, au plus tard à partir du IIe siècle.

L'organisation de certains oppidums durant la p√©riode finale de La T√®ne a pu √™tre rapproch√©e dans une certaine mesure du mod√®le des cit√©s archa√Įques du monde classique. Il semble qu'√† l'origine, en effet, le d√©veloppement particulier de certains sites ait √©t√© li√© √† l'existence d'un lieu de culte important (oppidum d'Entremont, au nord d'Aix-en-Provence ou l'Al√©sia des Mandubiens).

Pour St√©phane Fichtl[10], le terme de civitas employ√© par C√©sar dans ses Commentaires a pu aussi correspondre dans certains cas √† une r√©alit√© politique au cŇďur de laquelle l'oppidum, v√©ritable chef-lieu, pouvait concentrer le pouvoir politique d'un peuple ou d'une f√©d√©ration de peuples sur ses ¬ę¬†clients¬†¬Ľ et dans un territoire d√©limit√©¬†: la meilleure illustration de cette hypoth√®se est l'exemple des √Čduens, dont la magistrature supr√™me (des Vergobrets) s'exer√ßait √† l'int√©rieur de ce territoire.

Porte du Rebout, oppidum de Bibracte.

Des concentrations d'importations m√©diterran√©ennes d√©couvertes dans plusieurs oppidums ont, quant √† elles, r√©v√©l√© l'importance que pouvaient avoir certaines de ces ¬ę¬†places fortes¬†¬Ľ dans les r√©seaux commerciaux reliant le monde ¬ę¬†barbare¬†¬Ľ au monde m√©diterran√©en, d√®s avant la p√©riode lat√©nienne.

Certains oppidums, en effet, purent jouer un r√īle politique majeur √† l'√©poque des principaut√©s celtes du premier √Ęge du fer en permettant √† une aristocratie locale de contr√īler les voies de passage et d'asseoir son pouvoir sur un territoire pouvant aller jusqu'√† 80 km de diam√®tre[11].

L'oppidum du Mont Lassois, dans la C√īte-d'Or, qui est associ√© √† la d√©couverte de la tombe princi√®re de Vix, est un exemple de ces forteresses de la fin de la p√©riode de Hallstatt.

Fortifications[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fortifications celtes.

Typologie[modifier | modifier le code]

  • Fouilles arch√©ologiques sur le plateau de Gergovie dans le d√©partement du Puy-de-D√īme¬†: vestiges du mur d'enceinte de l'oppidum.
  • Cliquez sur une vignette pour l‚Äôagrandir.

    Plusieurs formes de remparts d‚Äôoppida existent, mais deux grandes cat√©gories pr√©dominent¬†: les ¬ę¬†fortifications de barrage¬†¬Ľ et les ¬ę¬†enceintes de contour¬†¬Ľ.

    • les fortifications de barrage s'appuient sur un √©l√©ment topographique qui prot√®ge naturellement le site. On peut distinguer diff√©rentes d√©nominations pour ces structures selon la nature de l'√©l√©ment naturel¬†:
      • les √©perons barr√©s o√Ļ l'on renforce par un rempart le c√īt√© non prot√©g√© par l'√©peron rocheux (ex. oppidum de Pons, cap barr√© de Garastre).
      • les segments de cr√™te o√Ļ l'on prot√®ge par deux remparts les voies d'acc√®s √† la cr√™te.
      • les m√©andres barr√©s (ex: Besan√ßon), o√Ļ le m√©andre d'une rivi√®re, d'un fleuve, ... est ferm√© par un barrage.
      • les √ģles comme Lut√®ce
      • les confluences barr√©es, o√Ļ la ville se situe entre deux bras d'eau se rejoignant¬†; le barrage prot√©geant l'ouverture de l'oppidum sur la terre.
      • les bords de falaise ou de fleuve, o√Ļ le barrage prot√®ge, de la m√™me mani√®re que pour les confluences barr√©es, l'ouverture de la ville sur la terre.
    • les enceintes de contour (ex: le Mont Beuvray, ou Bibracte du temps de C√©sar, ...), quant √† elles, n'ont pas v√©ritablement de formes diff√©rentes. Un rempart encercle la ville, "pos√©e" sur un mont (tel qu'une colline, ...) ou √† m√™me la plaine (Manching) et suit g√©n√©ralement une m√™me ligne de niveau.

    Pendant la T√®ne finale, de nombreux oppida avec une fortification de barrage se dotent d'une enceinte compl√®te qui rev√™t un aspect purement symbolique (et non militaire), d√©limitant la ville de la campagne. De m√™me, les enceintes de contour ne suivent plus une ligne de niveau et peuvent d√©valer des pentes. Ceci ne rev√™t donc pas un aspect militaire puisque ceci les affaiblit en ces points. Sur d'autres sites enfin, on voit appara√ģtre des trac√©s de remparts g√©om√©triques comme des cercles (Manching).

    Architecture du rempart[modifier | modifier le code]

    On distingue deux types de remparts dans le monde celtique¬†: le talus massif et le rempart √† poutrage interne, plus complexe[12]. Le talus et le parement diff√®rent dans leurs formes et leur mat√©riau d'ouvrage selon les diff√©rentes r√©gions europ√©ennes de la ko√Įn√™ celte. Cet √©l√©ment est la cons√©quence directe de la diversit√© des types d'environnement g√©ographiques, g√©ologiques et topographiques. Concr√®tement, ces donn√©es environnementales requi√®rent une forme d'adaptation √©vidente, afin d'en optimiser au maximum les ressources imm√©diates. Toutefois, ces structures d√©fensives pr√©sentent des traits architecturaux r√©cursifs[12],[13],[14]. Les principales divergences architecturales que l'on distingue d'une r√©gion √† une autre repose essentiellement sur la mise-en-Ňďuvre du poutrage dit interne d'une part, et sur la hauteur et longueur du foss√© d'enceinte, d'autre part[14],[15]. Olivier Buchsenschutz, directeur de recherches au CNRS, et Ian Ralston, professeur d'arch√©ologie √† l'universit√© d'√Čdimbourg ont propos√© une classification des remparts en fonction de ce poutrage[16]¬†:

    Rempart de type Ehrang sur le site de hauteur fortifié de la Bure (Vosges)
    • Les remparts √† poutrage horizontaux¬†:
      • Le rempart de type Ehrang. Il tire son nom du site allemand de Ehrang dans l'Eifel o√Ļ il fut d√©crit pour la premi√®re fois. Celui-ci se compose d'un assemblage interne de poutres horizontales r√©guli√®rement espac√©es, superpos√©es en grilles et cal√©es √† l'aide de pierres, ainsi que d'un parement ext√©rieur en pierre. L'espace entre les poutres est remblay√© avec de la terre et des pierres.
      • Le murus gallicus. Baptis√© ainsi par C√©sar dans la Guerre des Gaules, ce mur est construit de la m√™me fa√ßon que le rempart de type Ehrang, auquel a √©t√© adjoint des fiches de fers de tailles notables, ainsi que des clous permettant de combiner les poutres les unes aux autres[17]. Le parement interne √† l'oppidum est, quant √† lui, remplac√© par une pente de terre qui permet d'acc√©der au sommet du rempart.
    • Les remparts √† poutrage verticaux (Pfostenschlitzmauern)¬†:
      • Le rempart de type Altk√∂nig-Preist. Du nom de deux sites allemands, ce type de rempart poss√®de des poteaux verticaux espac√©s de quelques m√®tres dans le parement interne et externe. Les poteaux internes et externes sont reli√©s par des poutres horizontales √† l'int√©rieur du rempart. Comme les autres types de mur, il est rempli de remblai.
      • Le rempart de type Kelheim. Il porte le nom d'un site bavarois. Son parement externe est identique au type Altk√∂nig-Preist et il poss√®de la m√™me rampe que les murus gallicus. Des poutres horizontales fixent alors les poteaux dans la terre.
    • Les remparts √† talus massifs¬†: ce type de fortification se pr√©sentent sous l'aspect d'une double enceinte concentrique. Celle-ci rel√®ve d'une √©l√©vation monumentale ouvrag√©e en terre[N 1], pr√©c√©d√©e d'un foss√© de taille cons√©quente mais variable selon les variantes g√©ographiques et les cas √©tudi√©s. En outre, les oppida dot√©s de cet √©l√©ment d√©fensif appara√ģt globalement sous forme horizontale et plane. Toutefois, on objecte qu'au sein nombreuses occurrences r√©pertori√©es le foss√© r√©v√®le une sensible inclinaison et dans d'autres cas prenant une apparence semblable √† une cuvette[18],[14].

    Les portes[modifier | modifier le code]

    Les portes jouent un r√īle capital dans la fortification puisqu'elles sont un lieu de passage obligatoire pour entrer dans l'oppidum[19]. Ouverture dans le rempart, ce sont les points faibles de l'enceinte qui n√©cessitent une protection toute particuli√®re. Globalement, on distingue deux types de ces √©l√©ments de castram√©tation¬†: les portes principales en appui direct avec le talus et les portes secondaires, √©galement appel√©es portes √† ailes rentrantes venant √† la perpendiculaire du trac√© g√©n√©ral de la fosse d'enceinte[19],[20]. Toutefois, ces √©difications √©tay√©s en bois ne se p√©rennisent pas. Ainsi, les arch√©ologues n'ont retrouv√© aucune trace du syst√®me de fermeture de la Porte du rebout sur l'oppidum de Bibracte. En revanche, des trous de poteaux et quelques √©chantillons de bois ont pu √™tre retrouv√©s sur d'autres sites tels que Manching ce qui a permis d'√©mettre des hypoth√®ses sur ces portes[21],[22]. Si l'aspect g√©n√©ral de la porte semble se doter d'une certaine uniformit√© g√©ographique, la typologie et la taille des tours qui la surmontent demeurent hypoth√©tiques: les seuls indices caract√©risant ces superstructures se pr√©sentent sous la forme des poutres porteuses au sein des diverses oppida mises au jour[23],[24].

    Liste des oppida[modifier | modifier le code]

    Voir la catégorie : Ville ou oppidum celtique par pays.

    Liste non-exhaustive.

    Notes et références[modifier | modifier le code]

    Notes[modifier | modifier le code]

    1. ‚ÜĎ Dans de nombreux cas, cette derni√®re se compose √©galement de blocs de pierre calcaire et/ou granitiques bruts, c'est-√†-dire non-taill√©s.

    Références[modifier | modifier le code]

    1. ‚ÜĎ D√©finitions lexicographiques et √©tymologiques de ¬ę¬†Oppidums¬†¬Ľ du Tr√©sor de la langue fran√ßaise informatis√©, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
    2. ‚ÜĎ a et b Kruta 2000, p.¬†763.
    3. ‚ÜĎ a et b Andr√© Borel d'Hauterive, Les si√®ges de Paris¬†: annales militaires de la capitale depuis Jules C√©sar jusqu'√† ce jour, Paris, Dentu, , 379¬†p. (OCLC¬†461402767).
    4. ‚ÜĎ Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise¬†: une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, Errance, coll.¬†¬ę¬†Hesp√©rides¬†¬Ľ, , 2e¬†√©d., 440¬†p. (ISBN¬†2-87772-237-6), p.¬†154-155.
    5. ‚ÜĎ a et b Kruta 2000, p.¬†762.
    6. ‚ÜĎ Fichtl 2005, p.¬†17-19.
    7. ‚ÜĎ Kruta 2000, p.¬†523.
    8. ‚ÜĎ Jean-Louis Brunaux, Les Gaulois, Paris, Les Belles lettres, coll.¬†¬ę¬†Guide Belles lettres des civilisations¬†¬Ľ (no¬†16), , 314¬†p. (ISBN¬†2-251-41028-7).
    9. ‚ÜĎ Gilbert Kaenel, Philippe Curdy et Fr√©d√©ric Carrard, L'oppidum du Mont Vully, Saint-Paul, , p.¬†221.
    10. ‚ÜĎ Fichtl 2012.
    11. ‚ÜĎ Comme dans le cas de Hohanesperg, en Allemagne. Voir Brun 1987.
    12. ‚ÜĎ a et b Fichtl 2005, p.¬†47.
    13. ‚ÜĎ Fichtl 2005, p.¬†48.
    14. ‚ÜĎ a, b et c Fichtl 2005, p.¬†49.
    15. ‚ÜĎ Fichtl 2005, p.¬†46
    16. ‚ÜĎ Olivier Buchsenschutz et Ian Raltson, ¬ę¬†Les fortifications des Ages des m√©taux¬†¬Ľ, Arch√©ologia, no¬†154,‚Äé , p.¬†24-35 (ISSN¬†0570-6270, pr√©sentation en ligne).
    17. ‚ÜĎ Georges Duby (dir.), Histoire de la France urbaine I¬†: la Ville antique, Seuil, coll.¬†¬ę¬†L'Univers historique¬†¬Ľ (no¬†30), , 600¬†p. (ISBN¬†2-02-005590-2), p.¬†212.
    18. ‚ÜĎ Fichtl 2005, p.¬†50
    19. ‚ÜĎ a et b Fichtl 2005, p.¬†64.
    20. ‚ÜĎ Fichtl 2005, p.¬†68.
    21. ‚ÜĎ Fichtl 2005, p.¬†66.
    22. ‚ÜĎ Fichtl 2005, p.¬†74.
    23. ‚ÜĎ Fichtl 2005, p.¬†75.
    24. ‚ÜĎ Fichtl 2005, p.¬†77-78.


    Voir aussi[modifier | modifier le code]

    Sur les autres projets Wikimedia :

    Bibliographie[modifier | modifier le code]

    Ouvrages scientifiques :

    • Patrice Brun, Princes et princesses de la Celtique¬†: le premier √Ęge du fer en Europe (850-450 av.¬†J.-C.), Paris, Errance, coll.¬†¬ę¬†Hesp√©rides¬†¬Ľ, , 216¬†p. (ISBN¬†2-903442-46-0) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
    • Olivier Buchsenschutz (dir.) et al., L'Europe celtique √† l'√Ęge du fer¬†: VIIIe-Ier si√®cles, Paris, Presses Universitaires de France, coll.¬†¬ę¬†Nouvelle Clio¬†¬Ľ, , 437¬†p. (ISBN¬†978-2-13-057756-0, ISSN¬†0768-2379)
    • Christine Lorre (dir.) et Veronica Cicolani (dir.), Golasecca¬†: du commerce et des hommes √† l'√Ęge du fer (VIIIe-Ve si√®cle av.¬†J.-C.), Paris, R√©union des Mus√©es Nationaux, , 176¬†p. (ISBN¬†978-2-7118-5675-6)
    • Anne Colin, Chronologie des oppida de la Gaule non m√©diterran√©enne¬†: contribution √† l'√©tude des habitats de la fin de l'√Ęge du fer, Paris, Maison des sciences de l'homme, coll.¬†¬ę¬†Documents d'arch√©ologie fran√ßaise¬†¬Ľ, , 195¬†p. (ISBN¬†2-7351-0638-1) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
    • G√©rard Coulon et Simone Deyts, Les st√®les fun√©raires gallo-romaines de Saint-Ambroix, Cher¬†: un atelier de sculpture dans la cit√© des Bituriges, Ch√Ęteauroux, Mus√©es de Ch√Ęteauroux, , 160¬†p. (ISBN¬†2-912184-65-7)
    • Paul-Marie Duval, Nouvelle histoire de Paris¬†: de Lut√®ce oppidum √† Paris capitale de la France (vers - 225¬†?-500), Paris, Association pour la publication d'une histoire de Paris/Biblioth√®que historique de la Ville de Paris, coll.¬†¬ę¬†Nouvelle histoire de Paris¬†¬Ľ, , 402¬†p. (notice BnF no¬†FRBNF35625956)
    • Werner Eck, La romanisation de la Germanie, Paris, Errance, , 102¬†p. (ISBN¬†978-2-87772-366-4)
    • Stephan Fichtl, Les peuples gaulois¬†: IIIe-Ier si√®cle av.¬†J.-C., Paris, Errance, , 2e¬†√©d. (1re¬†√©d. 2004), 255¬†p. (ISBN¬†978-2-87772-502-6) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
    • Stephan Fichtl, La ville celtique¬†: les oppida de 150 av.¬†J.-C. √† 15 apr.¬†J.-C., Paris, Errance, coll.¬†¬ę¬†Hesp√©rides / histoire-arch√©ologie¬†¬Ľ, , 2e¬†√©d. (1re¬†√©d. 2000), 238¬†p. (ISBN¬†2-87772-307-0) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
    • Dominique Garcia, La Celtique m√©diterran√©enne¬†: habitats et soci√©t√©s en Languedoc et en Provence (VIIIe-IIe si√®cle av.¬†J.-C.), Arles, Errance, coll.¬†¬ę¬†Les Hesp√©rides¬†¬Ľ, , 2e¬†√©d. (1re¬†√©d. 2004), 247¬†p. (ISBN¬†978-2-87772-562-0)
    • Venceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaire¬†: des origines √† la romanisation et au christianisme, Paris, Robert Laffont, coll.¬†¬ę¬†Bouquins¬†¬Ľ, , 1005¬†p. (ISBN¬†2-221-05690-6) Document utilis√© pour la r√©daction de l‚Äôarticle
    • Fr√©d√©ric Lontcho (dir.) et Fran√ßoise Melmoth (dir.), Grands sites arch√©ologiques antiques en Europe occidentale, Lacapelle-Marival, Arch√©ologie nouvelle, coll.¬†¬ę¬†Arch√©ologie vivante¬†¬Ľ, , 164¬†p. (ISBN¬†978-2-9533973-4-5)
    • Pierre-Yves Milcent (dir.), Bourges-Avaricum, un centre proto-urbain celtique du Ve s. av.¬†J.-C.¬†: les fouilles du quartier de Saint-Martin-des-Champs et les d√©couvertes des √©tablissements militaires, vol.¬†1&2, Bourges, Ville de Bourges, Service d'arch√©ologie municipal, coll.¬†¬ę¬†Bituriga / monographie¬†¬Ľ (no¬†2007/1), , 341+176¬†p. (ISBN¬†978-2-9514097-7-4 et 978-2-9514097-7-4)
    • Matthieu Poux (dir.), Corent¬†: voyage au cŇďur d'une ville gauloise, Paris, Errance, , 2e¬†√©d. (1re¬†√©d. 2011), 299¬†p. (ISBN¬†978-2-87772-500-2).
    • (en) Mortimer Wheeler et Katherine M. Richardson, Hill-forts of northern France, Oxford, Oxford University Press, coll.¬†¬ę¬†Reports of the Research Committee of the Society of Antiquaries of London¬†¬Ľ (no¬†19), , 225¬†p. (OCLC¬†237126687)

    Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

    Articles de périodiques :

    • Dominique Tardy et al., ¬ę¬†Argentomagus, agglom√©ration secondaire de la Cit√© des Bituriges¬†¬Ľ, Suppl√©ment √† la Revue arch√©ologique du centre de la France, vol.¬†18, no¬†1,‚Äé , p.¬†15-19 (ISSN¬†0220-6617, lire en ligne)
    • Alain Delay, ¬ę¬†Prospections sur le site antique d'Ernodurum (Saint-Ambroix-sur-Arnon, Cher)¬†¬Ľ, Revue Arch√©ologique du Centre de la France, vol.¬†13, no¬†3,‚Äé , p.¬†301-313 (ISSN¬†0220-6617)
    • Sophie Krausz, ¬ę¬†La topographie et les fortifications celtiques de l‚Äôoppidum biturige de Ch√Ęteaumeillant-Mediolanum (Cher)¬†¬Ľ, Revue arch√©ologique du Centre de la France, no¬†45-46,‚Äé 2006-2007 (ISSN¬†1951-6207, lire en ligne)

    Articles connexes[modifier | modifier le code]

    Liens externes[modifier | modifier le code]

    • Portail du monde celtique
    • Portail de l‚Äôarch√©ologie