Tour de Rouen

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Tour de Rouen

Rencontre de Guillaume le Bâtard et Harold dans la tour de Rouen, scène 13 de la tapisserie de Bayeux.
Période ou style Médiéval
Type Château-fort
Pays  France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Commune Rouen

La tour de Rouen est le palais ducal construit par Richard Ier de Normandie et détruit par Philippe Auguste. Elle serait le modèle de la tour de Londres.

Historique[modifier | modifier le code]

Le palais ducal, construit par Richard Ier de Normandie, était situé à l'angle sud-est de la ville médiévale, au confluent du Robec et de la Seine (site de l'actuelle Halle aux Toiles). La Vieille Tour était l'un des premiers grands donjons de pierre connus en France[1]. Guillaume le Conquérant y reçoit en 1064 Harold[2].

La tapisserie de Bayeux montre une salle décorée d'arcature où se trouve le trône ducal. Il s'agit de l'aula turris dite Grande Salle, cité en 1074 et 1199. Un texte de 1119 mentionne la chambre du roi, où est probablement né Guillaume Cliton en 1102[3].

Le palais servait aux séances judiciaires et financières de la Cour. La tour, qui abritait la cour de justice, servait de prison d'État[3]. Elle a tenu prisonnier Guillaume d'Eu, Odon de Bayeux, Conan en 1090, un des chefs de la bourgeoisie de Rouen insurgée, traîné au sommet et précipité dans le vide par Henri Beauclerc[4], Galeran de Meulan en 1124, Philippe de Dreux et où serait mort Grimoult du Plessis. Jean sans Terre y aurait fait enfermé son neveu Arthur de Bretagne en 1203[3],[5].

Ce palais est ruiné par un incendie en 1200[6]. Philippe Auguste fait araser les restes du palais ducal. De la Tour de Rouen, dite Vieille Tour, il ne reste qu'une sorte de chapelle ouverte par les quatre côtés, qui pourrait être un reste de la chapelle Saint-Romain[7]. C'est également Philippe Auguste qui fait araser cette chapelle Saint-Romain, sinon entièrement du moins dans son principal ; ainsi que l'aula turris, la chapelle Saint-Cande, un mur d'enceinte « haut et épais », qui avait été construit vers 1124 par Henri Beauclerc[3], etc.

Souvenir[modifier | modifier le code]

L'importance du donjon a donné comme proverbe au XIIe siècle « peser comme la tour de Rouen »[3]. La seule trace existante de la présence de ce palais ducal est la dénomination aujourd'hui la « Haute Vieille Tour » et « Basse Vieille Tour ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Michel Mollat (dir.), Histoire de Rouen, Éditions Privat, Toulouse, 1979, 444 pages, (ISBN 2-7089-4713-3), p. 41
  2. Lucien Musset et Michel Mollat du Jourdin (dir.), Histoire de Rouen, Privat, , p. 41, 44
  3. a, b, c, d et e Michel Mollat (dir.), Histoire de Rouen, Edouard Privat, Toulouse, 1979, 444 pages, (ISBN 2-7089-4713-3), p. 46-47
  4. Maïté Billoré, De gré ou de force : L'aristocratie normande et ses ducs (110-1259), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 443 p. (ISBN 978-2-7535-3328-8), p. 184-185
  5. Périaux 1870, p. 653-654
  6. Anglo Norman studies XIV (source à préciser).
  7. Jean-Joseph Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, volume 6, page 398.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicétas Périaux, Dictionnaire indicateur et historique des rues et places de Rouen, revue de ses monuments et de ses établissements publics, Rouen, A. Le Brument, , p. 653-654
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