Immigration

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L'Immigration désigne l'entrée, dans un pays, de personnes étrangÚres qui y viennent pour y séjourner et y travailler. Le mot immigration vient du latin immigrare qui signifie « pénétrer dans ». L'immigration est une migration vue du cÎté du pays de destination. Elle correspond, vue du cÎté du pays de départ, à l'émigration.

Philippe AriĂšs[modifier]

...une vĂ©ritable invasion, mĂ©thodique, oĂč les Ă©migrĂ©s arrivaient groupĂ©s, avec leurs prĂȘtres, leurs instituteurs, leurs religieuses. Des citĂ©s entiĂšres leur furent affectĂ©es, qui constituent de vĂ©ritables villages Ă©trangers, oĂč le français n’est pas compris, oĂč les relents de cuisine rappellent les odeurs de l’Europe centrale. Cette population est composĂ©e de beaucoup d’étrangers inassimilables, qui vivent en groupes fermĂ©s, avec leurs Ă©glises, leurs Ă©coles, leurs magasins, leurs jeux, Ă©trangers au reste de la population.

  • Sur l'immigration polonaise dans les annĂ©es 40
  • Histoire des populations françaises (1948), Philippe AriĂšs, Ă©d. Seuil, 1971, p. 110-111


Florence Assouline[modifier]

La majorité des «Arabes» connus en France sont en réalité des BerbÚres: à l'Académie française - Assia Djebar -, dans le spectacle - Fellag, Dany Boon, Farid Chopel, etc. -, dans les médias - Rachid Arhab, Nacer Kettane (président de Beur FM) -, dans la musique - Idir, les leaders de Zebda et des rappeurs de 113, Souad Massi, Gnawa Diffusion, etc. Il semble que, trÚs tÎt, ils aient opté pour le mariage mixte puisque, pour ne citer que les plus célÚbres, d'Edith Piaf à Alain Bashung, de Daniel Prévost à Jacques Villeret, de la chanteuse Juliette à Isabelle Adjani, tous sont rejetons du mariage d'un BerbÚre avec une Française. Enfin, il existe des BerbÚres chrétiens (une infime minorité), juifs (beaucoup parmi les Marocains d'origine) et, bien sûr, une majorité écrasante de musulmans. Et si certains d'entre eux peuvent avoir basculé dans le fondamentalisme, c'est parmi les BerbÚres de France qu'on rencontre le plus d'individus qui, bien que nés dans une famille musulmane, revendiquent leur athéisme.


Dr Josiane Bardakdjian-Michau[modifier]

Jusqu’aux annĂ©es 1950, les cas de drĂ©panocytose observĂ©s [en France] concernaient presque uniquement la population d’origine antillaise. Dans les annĂ©es suivantes, des vagues successives d’immigration en provenance d’Afrique subsaharienne, survenues pour des raisons Ă©conomiques ou politiques, ont Ă©tĂ© Ă  l’origine d’un nombre croissant de cas diagnostiquĂ©s. Le statut juridique des diffĂ©rents porteurs fait qu’il est impossible de recenser spĂ©cifiquement la population Ă  risque. Un abord indirect, sans doute imprĂ©cis, peut cependant ĂȘtre obtenu Ă  travers le dĂ©pistage nĂ©onatal ciblĂ© aux naissances considĂ©rĂ©es « à risque » par les maternitĂ©s. On peut estimer, en rĂ©gion parisienne, qu’il y a au total environ 170 000 naissances par an parmi lesquelles 80 000 sont considĂ©rĂ©es comme provenant de couples Ă  risque et qui ont donc bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un dĂ©pistage nĂ©onatal. Dans ce nombre, 3 000 nouveau nĂ©s ont Ă©tĂ© trouvĂ©s porteurs d’une HbS. Le trait drĂ©panocytaire se retrouve donc chez prĂšs de 1,8 % de l’ensemble des nouveau-nĂ©s.


Le dĂ©pistage de la drĂ©panocytose en mĂ©tropole a pour particularitĂ© de n’ĂȘtre pas systĂ©matique, il est effectuĂ© chez les nouveau-nĂ©s dont les parents appartiennent Ă  un groupe Ă  risque pour cette maladie (essentiellement Afrique, Antilles et Maghreb). [...] En 2005, 236 998 nouveau-nĂ©s ont bĂ©nĂ©ficiĂ© du dĂ©pistage de la drĂ©panocytose (198 065 nĂ©s en mĂ©tropole et 38 933 nĂ©s dans les DOM). [...] En mĂ©tropole, 25,6 % des nouveau-nĂ©s sont ciblĂ©s ; ce pourcentage varie de 3,5 Ă  54,1 % selon les rĂ©gions, Ă  raison des diffĂ©rences d’origine dans la population parentale.


Jean-Claude Barreau[modifier]

Cette dĂ©natalitĂ© [...] concerne aussi tragiquement l'Europe (Ă  l'exception de la France) : l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne n'ont guĂšre plus d'un enfant par femme. A ce niveau, l'Union europĂ©enne est menacĂ©e de disparition physique. L'immigration n'y peut supplĂ©er qu'Ă  la marge. Car il existe une grande diffĂ©rence entre l'"assimilation" des nouveaux arrivants et la "substitution" d'une population Ă  une autre, laquelle rompt la continuitĂ© et compromet la transmission culturelle. Certaines banlieues sont des substitutions de populations. On en constate les effets. Il faut du temps pour assimiler; or la rapiditĂ© de l'implosion des EuropĂ©ens ne leur en laisse guĂšre. D'autant plus que cela fait "rĂ©ac" d'Ă©voquer les problĂšmes de natalitĂ©, les Anglo-saxons affirmant que l'intimitĂ© des mĂ©nages ne regarde pas les États. C'est Ă©videmment faux : faire un enfant est un acte social. Ce sont d'ailleurs les enfants indigĂšnes qui assimilent les enfants immigrĂ©s.

  • Toute l'histoire du monde, Jean-Claude Barreau, Ă©d. Fayard, 2005, p. 404


Henri Bartoli[modifier]

Les migrations constituent un phénomÚne si général dans l'histoire de l'humanité que c'est bien plutÎt leur absence au cours d'une période qui parait extraordinaire. Chaque époque a ses types de migrations et de peuplement.

  • Mouvement de populations et histoire, aspects socio-Ă©conomiques (1965)
  • CongrĂšs (1965), Henri Bartoli, Ă©d. Association nationale des assistantes sociales et des assistants sociaux, 1965, p. 27


François Bayrou[modifier]

Il n’y a qu’une politique juste et efficace de lutte contre l’immigration, que nous devrions imposer Ă  la communautĂ© internationale et Ă  l’Europe : c’est de garantir aux Africains qu’ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail, comme des hommes debout.

  • François Bayrou, 14 DĂ©cembre 2006, à Lille, dans Discours de la rĂ©union publique de Lille [1], paru 14 DĂ©cembre 2006.


Philippe Bernard[modifier]

Contrairement Ă  des clichĂ©s rĂ©pandus, l'intĂ©gration des Belges, des Italiens et des Polonais, aujourd'hui considĂ©rĂ©s comme proches culturellement des Français, s'opĂšre dans la douleur. RelĂ©guĂ©s dans certains quartiers, accusĂ©s par les ouvriers français de prendre leur travail, ces immigrĂ©s sont frĂ©quemment visĂ©s par des violences xĂ©nophobes dĂšs la fin du XIXe siĂšcle. [...]. Tout se passe comme si les derniers arrivĂ©s se heurtaient Ă  une xĂ©nophobie virulente au moment oĂč la vague prĂ©cĂ©dente d'immigration se fond dĂ©finitivement dans le terroir national. Les Belges ne font plus problĂšme lorsque dĂ©ferlent Italiens et Polonais, qui eux-mĂȘmes se seront assimilĂ©s au moment de l'arrivĂ©e massive des MaghrĂ©bins, Ă  partir des annĂ©es 50. L'Ă©tude des vagues de xĂ©nophobie, toujours liĂ©es Ă  une crise Ă©conomique ou politique et non au dĂ©passement d'un quelconque seuil de tolĂ©rance, rĂ©vĂšle la permanence d'un stĂ©rĂ©otype propre Ă  l'Ă©tranger.

  • Immigration : le dĂ©fi mondial, Philippe Bernard, Ă©d. Gallimard, 2002, p. 72-73


Louis Bertrand[modifier]

Les PiĂ©montais se trouvaient, en majoritĂ©, facilement reconnaissables Ă  leurs feutres hyperboliques et Ă  leur foulard d’un rouge cru. De tenue plus discrĂšte et plus citadine, les Toscans et les Romagnols formaient aussi un contingent respectable [...] la grande foule houleuse et bigarrĂ©e de l’invasion italienne, oĂč sonnaient tous les dialectes de la PĂ©ninsule. De loin en loin, quelques provençaux de pure race, reconnaissables Ă  la finesse de leurs traits et Ă  la jolie couleur blonde de leurs moustaches, coudoyaient les gars du PiĂ©mont, aux pommettes rouges et Ă  l’encolure de taureaux.

  • Roman sur l'immigration italienne au dĂ©but du XXe siĂšcle
  • L’invasion, Louis Bertrand, Ă©d. Nelson, 1903, p. 9


Juliette Bessis[modifier]

Qui se souviendrait s'il ne le rappelait eux-mĂȘmes que le chansonnier Mouloudji ou Isabelle Adjani sont de pĂšre kabyle et combien savent que Marcel Cerdan ou la grand-mĂšre d'Edith Piaf Ă©taient marocains, le premier juif, la seconde musulmane ?

  • Maghreb: la traversĂ©e du siĂšcle, Juliette Bessis, Ă©d. Seuil, 1997, p. 91


Fernand Braudel[modifier]

[Q]ui pourrait, en France, parler de « race » ? Les Maghrébins sont de race blanche et notre Midi a sa pinte de sang sarrasin, espagnol, andalou. [...] Tant d'« immigrés », depuis si longtemps, depuis notre Préhistoire jusqu'à l'histoire trÚs récente, ont réussi à faire naufrage sans trop de bruit dans la masse française que l'on pourrait dire, en s'amusant, que tous les Français, si le regard se reporte aux siÚcles et aux millénaires qui ont précédé notre temps, sont fils d'immigrés. TrÚs diverse, la France ne peut-elle courir le risque de le devenir, biologiquement, davantage encore ?

  • L'identitĂ© de la France - Les Hommes et les Choses (1986), Fernand Braudel, Ă©d. Flammarion, 1990, p. 215


Christopher Caldwell [modifier]

Le problĂšme de l'immigration et celui de l'islam sont similaires dans tous les pays d'Europe de l'Ouest. Certes, il y a des variantes. La Grande-Bretagne reste, et de loin, le pays europĂ©en qui court les plus graves dangers de violence et d'extrĂ©misme politique. La SuĂšde est le pays ou la sĂ©grĂ©gation est la plus intraitable. L'Espagne, en raison, de problĂšmes prĂ©existants liĂ©s Ă  son unitĂ© nationale, est le pays le plus exposĂ© au risque de se voir submergĂ© par le simple volume de son immigration. La population turque d'Allemagne rĂ©ussira, mais s'assimilera plus lentement, surtout parce que sa culture nationale transplantĂ©e est trop riche et trop cohĂ©rente pour cĂ©der. La France aura des problĂšmes sociaux spectaculaires, mais ses traditions rĂ©publicaines lui donnent la meilleure chance de pleinement assimiler les enfants et les petits-enfants d’immigrĂ©s. C’est le seul pays oĂč un Ă©quivalent europĂ©en du rĂȘve amĂ©ricain est probable.

  • Une rĂ©volution sous nos yeux - Comment l'Islam va transformer la France et l'Europe, Christopher Caldwell, Ă©d. Toucan, 2011, p. 399-400


Robert Castel[modifier]

La France est déjà un pays pluriethnique et pluriculturel. 8 millions de personnes appartenant à des "minorités visibles" (i.e. qui ne sont pas de race blanche) y vivent. 5 à 6 millions d'entre elles sont nées en France. Les personnes d'origine maghrébine y sont également au nombre de 5 à 6 millions ; 3,5 millions ont la nationalité française (dont 500 000 harkis). La population noire (des départements d'outremer et d'Afrique subsaharienne) est estimée à 2 millions, dont 1,5 millions de Français. Environ 1 million de personnes originaires du monde asiatique vivent en France, ainsi que 3,6 millions d'étrangers dont 510 000 sont nés en France. Plus de 1,5 millions de personnes nées à l'étranger ont acquis la nationalité française. [...] Autrement dit, la France déjà un pays pluriethnique et pluriculturel, et elle le sera de plus en plus à l'avenir. [...] La République ne se démettrait pas en renonçant à imposer une composition uniforme de l'identité nationale, qui coïncide avec l'hégémonie de l'"ethnie" autochtone majoritaire en métropole.

  • La discrimination nĂ©gative : citoyens ou indigĂšnes, Robert Castel, Ă©d. Seuil, 2007, p. 72-73


Louis Chevalier[modifier]

L'immigration nord-africaine en France, et essentiellement l'immigration algérienne, est un phénomÚne nécessaire qui résulte d'une évolution démographique implacable et de réalités géographiques et économiques qu'il est à peu prÚs impossible de transformer. Bien plus dans les années qui viennent, cette immigration ne fera que se développer. Les liens multiples qui existent entre l'Afrique du Nord et la France expliquent que cette poussée démographique s'oriente précisément vers notre territoire et justifient économiquement, mais aussi politiquement et sentimentalement, le sens de cet exode.

  • Le problĂšme dĂ©mographique nord-africain (1947), Louis Chevalier, Ă©d. Presses universitaires de France, 1947, p. 211yolo


Christian Delacampagne[modifier]

La France a doublement besoin [des immigrés]. D'une part, pour relever sa démographie déclinante (sans les immigrés, il y aurait moins de naissances, et la part des "actifs" dans la population ne cesserait de diminuer). Et, d'autre part, parce que les travaux pénibles et peu gratifiants que les immigrés acceptent d'accomplir sont des travaux que personne d'autre ne ferait.

  • Une histoire du racisme, Christian Delacampagne, Ă©d. Le Livre de Poche, 2000, chap. XIV-Le racisme en France depuis 1945, p. 244


La « prĂ©fĂ©rence nationale » (thĂšme cher, lĂ  encore, au Front national) va directement Ă  l'encontre des principes fondamentaux qui ont inspirĂ© la RĂ©volution de 1789 : tous les habitants d'un pays, qu'ils en aient ou non la nationalitĂ©, doivent ĂȘtre traitĂ©s de la mĂȘme façon par les lois. On pourrait mĂȘme dĂ©fendre, avec de bons arguments, l'idĂ©e selon laquelle un Ă©tranger, Ă©tant par dĂ©finition un « hĂŽte », devrait bĂ©nĂ©ficier, dans le pays ou il s'est expatriĂ©, d'une protection particuliĂšre. Au surplus, le destin d'un Ă©tranger, lorsqu'il demeure longtemps dans un pays autre que le sien, n'est-il pas de finir par s'y assimiler ?

  • Une histoire du racisme, Christian Delacampagne, Ă©d. Le Livre de Poche, 2000, chap. XIV-Le racisme en France depuis 1945, p. 246


Jean-Paul Demoule[modifier]

Ernest Renan voyait juste en voyant la nation française comme une communautĂ© librement consentie de citoyens que rĂ©unit un « plĂ©biscite de chaque jour ». Il y a 1,5 million d'annĂ©es, le premier Français Ă©tait l'immigrĂ© Erectus qui donna Neandertal. Il s'est mĂȘlĂ© Ă  Sapiens, venu d'Afrique, lequel a fait place Ă  des agriculteurs venus du Proche-Orient. Et les migrations ont continuĂ© avec les Romains, les peuples germaniques et ainsi jusqu'Ă  l'arrivĂ©e de la main-d'Ɠuvre des anciennes colonies. L'identitĂ© française est nĂ©e de ce remodelage permanent et l'archĂ©ologie peut permettre de nous Ă©loigner d'une vision Ă  court terme et de relativiser ce qu'on ressent comme inĂ©dit.


Guillaume Faye[modifier]

25% des 5-20 ans en France sont déjà d'origine extra-européenne.

  • La colonisation de l'Europe (2000), Guillaume Faye, Ă©d. Æncre, 2000, p. 5


Le mĂ©tissage, quant Ă  lui, se porte bien [..]. On estime que 30% des enfants qui naissent en France aujourd'hui ont un ascendant Ă©tranger de premiĂšre ou deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, la plupart du temps d'origine afro-asiatique. 11,25% des mariages officiels sont mixtes, sans compter les unions concubines qui passent Ă  travers les statistiques. La grande majoritĂ© des mĂ©tissages [...] concerne des couples oĂč la femme est europĂ©enne. [...] Sur 780 000 naissances annuelles en France, un des chiffres les plus bas de notre histoire, 250 000 naissances sont le fait de femmes maghrĂ©bines, africaines ou asiatiques, ou bien de couples mixtes. [...] Aujourd'hui, 8% des adultes sont d'origine extra-europĂ©enne, 20% des collĂ©giens, en majoritĂ© Afro-maghrĂ©bins, et 34% des enfants de moins de cinq ans.

  • La colonisation de l'Europe (2000), Guillaume Faye, Ă©d. Æncre, 2000, p. 11


Sylvia FlĂŒckiger-BĂ€ni[modifier]

L'immigration contrÎlée n'est pas synonyme de repli sur soi, contrairement à ce qu'on nous reproche réguliÚrement, mais signifie assumer ses responsabilités envers son pays et son peuple. Nous voulons reprendre en main l'avenir de la Suisse, réguler l'immigration et décider qui peut entrer dans notre maison!


Andre Frossard[modifier]

Le peuple français est né d'une mÚre chrétienne et d'un pÚre inconnu ... Je dis pÚre inconnu parce que la France est et a toujours été une nation d'immigrants.

  • (en) The French people were born of a Christian mother and an unknown father... I say unknown father because France is a nation of immigrants and always has been.
  • Andre Frossard Ă©tait un journaliste et essayiste français, membre de l'AcadĂ©mie française.
  • Crime and the AcadĂ©mie Française: dispatches from Pari, Patrick Marnham (trad. wikiquote), Ă©d. Viking, 1993, p. 28


Charles de Gaulle[modifier]

Il ne faut pas se payer de mots ! C’est trĂšs bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte Ă  toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais Ă  condition qu’ils restent une petite minoritĂ©. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand mĂȘme avant tout un peuple europĂ©en de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrĂ©tienne. Essayez d'intĂ©grer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sĂ©pareront de nouveau. Les Arabes sont les Arabes, les Français sont les Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront peut-ĂȘtre vingt millions et aprĂšs-demain quarante ? Si nous faisons l'intĂ©gration, si tous les Arabes et BerbĂšres d'AlgĂ©rie Ă©taient considĂ©rĂ©s comme Français, comment les empĂȘcherait-on de venir s'installer en mĂ©tropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus Ă©levé ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-MosquĂ©es !

  • Le transfert d'une mĂ©moire, Benjamin Stora, Ă©d. la DĂ©couverte, 1999  (ISBN 2707129682), citation de Charles de Gaulle, p. 35
  • Citation choisie citation du jour pour le 29 octobre 2011.

On peut intĂ©grer des individus ; et encore, dans une certaine mesure seulement. On n’intĂšgre pas des peuples, avec leur passĂ©, leurs traditions, leurs souvenirs communs de batailles gagnĂ©es ou perdues, leurs hĂ©ros.

  • La Ve RĂ©publique, 1958-1995: de De Gaulle Ă  Chirac, Arnaud Teyssier, Ă©d. Pygmalion, 1995, citation de Charles de Gaulle, p. 52


Patrick J. Geary[modifier]

Les peuples de l'Europe sont une rĂ©alitĂ© en train de se former, un projet en cours : il faut qu'ils gardent Ă©ternellement ce statut. [...] L'histoire des peuples europĂ©ens ne s'est pas arrĂȘtĂ©e et ne s'arrĂȘtera jamais. L'ethnogenĂšse concerne autant le prĂ©sent et l'avenir que le passĂ©. MalgrĂ© tous leurs efforts, les romantiques, les hommes politiques et les spĂ©cialistes de sciences sociales ne parviendront jamais Ă  figer une fois pour toutes ce qu'il y a d'essentiel dans l'Ăąme d'un peuple ou d'une nation. Rien ne peut garantir que les nations, les groupes ethniques et les communautĂ©s d'aujourd'hui ne disparaitront pas totalement un jour. Le passĂ© a peut-ĂȘtre dĂ©fini les paramĂštres dans le cadre desquels il est possible de construire l'avenir, mais le passĂ© ne peut pas dĂ©terminer la rĂ©alitĂ© de cet avenir. Les peuples d'Europe, comme les peuples d'Afrique, d'AmĂ©rique et d'Asie, sont des produits de l'histoire en perpĂ©tuel renouveau, non les atomes de l'histoire. [...]Les peuples sont des fleuves dont le cours se poursuit : l'eau d'aujourd'hui n'est pas la mĂȘme que celle d'hier, celle de demain ne sera pas la mĂȘme que celle d'aujourd'hui.

  • Quand les nations refont l'histoire, Patrick J. Geary, Ă©d. Flammarion, 2004, p. 221


Jack Goody[modifier]

RepoussĂ©s pendant des siĂšcles, les musulmans sont revenus en masse sur le continent, non plus comme envahisseurs, mais comme immigrĂ©s. Dans un cas comme dans l'autre, ils ont beaucoup contribuĂ© Ă  la civilisation europĂ©enne. Par le passĂ©, ils ont stimulĂ© la vie intellectuelle et scientifique, et ouvert la voie Ă  la Renaissance. Aujourd'hui, ils fournissent une part de plus en plus importante de la main d’Ɠuvre dont l'Europe a besoin pour compenser la baisse de sa dĂ©mographie. Et aujourd'hui, comme hier, les musulmans font indĂ©niablement partie du paysage europĂ©en.

  • L'Islam en Europe, Jack Goody, Ă©d. La DĂ©couverte, 2004, p. 170


Hakim Karoui[modifier]

Dans la sociĂ©tĂ© française, les boucs Ă©missaires ont Ă©tĂ© les juifs, mais aussi, au Moyen Age, les « Lombards », Ă  l'Ă©poque moderne, les protestants ou les catholique selon les camps, les agents royaux (du fisc par exemple) ou inversement les mendiants ou les prostituĂ©es, les « aristocrates » et parfois les prĂȘtres Ă  la RĂ©volution; les « capitalistes », les « bourgeois » Ă  l'Ă©poque contemporaine, les immigrĂ©s non encore assimilĂ©s Ă  toutes les Ă©poques. Aujourd'hui, le bouc Ă©missaire, ce sont les Arabes. Demain, ce seront peut-ĂȘtre les Noirs ou les Chinois. Les Arabes, parce qu'ils portent encore une diffĂ©rence (leur nom, leur religion) mais aussi et surtout parce que la sociĂ©tĂ© française se rend compte qu'ils sont de moins en moins diffĂ©rents. Leur diffĂ©rence apparaĂźt alors d'autant plus importante qu'elle est finalement de plus en plus rĂ©siduelle. [...] Ainsi, plus les « étrangers » ressemblent aux Français, plus ils peuvent attirer la violence sur eux, comme les juifs allemands dans les annĂ©es trente, qui n'avaient jamais Ă©tĂ© autant « allemands », et « menaçaient » alors de se confondre avec les « vrais Allemands ». Ce que le groupe majoritaire leur reprochait, c'Ă©tait de trop leur ressembler !

  • L'avenir d'une exception, Hakim Karoui, Ă©d. Flammarion, 2006, p. 187


Belkacem Lounes[modifier]

L'immigration berbĂšre en France est l'une des plus anciennes puisqu'elle remonte Ă  la fin du XIXe siĂšcle. Elle rĂ©pondait Ă  la fois aux besoins de mobilisation des soldats en pĂ©riode de guerre (PremiĂšre et Seconde Guerres mondiales) et au dĂ©ficit de main-d’Ɠuvre, notamment dans les secteurs de l'industrie et du BTP. On estime actuellement l'immigration berbĂšre Ă  environ deux millions d'individus, contribuant en toute discrĂ©tion Ă  l'Ă©panouissement Ă©conomique, scientifique, artistique et sportif de la France. Il est utile de rappeler par exemple que Edith Piaf, Mouloudji, Daniel PrĂ©vost, Isabelle Adjani, Zidane, et bien d'autres personnalitĂ©s de tous horizons, sont le fruit de cet apport berbĂšre.

  • Belkacem Lounes est prĂ©sident du CongrĂšs mondial Amazigh
  • Belkacem Lounes, 27 juin 2003, Paris, dans « BerbĂšres, libres et fiers de l'ĂȘtre », Le Figaro, p.27-28, paru 27 juin 2003, Belkacem Lounes.


Gustave Le Bon[modifier]

Il est en Europe un État, la France, qui en est menacĂ© [par l'immigration]. C’est un pays riche, dont la population ne s’accroĂźt plus, entourĂ© de pays pauvres dont la population s’accroĂźt constamment. L’immigration de ces voisins est fatale, et d’autant plus fatale que les exigences croissantes de nos ouvriers la rendent nĂ©cessaire pour les besoins de l’agriculture et de l’industrie. Les avantages que trouvent ces Ă©migrants sur notre sol sont Ă©vidents. [...] un travail plus facile et mieux rĂ©tribuĂ© que sur leur territoire natal. Ils se dirigent vers notre pays, non seulement parce qu’il est plus riche, mais aussi parce que la plupart des autres Ă©dictent chaque jour des mesures pour les repousser. L’invasion des Ă©trangers est d’autant plus redoutable, que ce sont, naturellement, les Ă©lĂ©ments les plus infĂ©rieurs, ceux qui n’arrivaient pas Ă  se suffire Ă  eux-mĂȘmes dans leur patrie, qui Ă©migrent. Nos principes humanitaires nous condamnent Ă  subir une invasion croissante d’étrangers. Ils n’étaient pas 400,000 il y a quarante ans, ils sont plus de 1,200,000 aujourd’hui, et ils arrivent en rangs chaque jour plus pressĂ©s. Si l’on ne considĂ©rait que le nombre d’italiens qu’elle contient, Marseille pourrait ĂȘtre qualifiĂ©e de colonie italienne. [...] Si les conditions actuelles ne changent pas, c’est-Ă -dire si ces invasions ne s’arrĂȘtent pas, il faudra un temps bien court pour qu’en France un tiers de la population soit devenu allemand et un tiers italien. Que devient l’unitĂ©, ou simplement l’existence d’un peuple, dans des conditions semblables ?

  • À propos de l'immigration venant des pays europĂ©ens voisins en 1895.
  • Lois psychologiques de l'Ă©volution des peuples (1895), Gustave Le Bon, Ă©d. FĂ©lix Alcan, 1907, chap. III, p. 124


Hervé Le Bras[modifier]

On sait aujourd'hui que les ancĂȘtres des Français sont des agriculteurs venus du Proche-Orient, arrivĂ©s il y a six mille ans.

  • « EnquĂȘte sur le peuplement de la France », HervĂ© Le Bras, L'Histoire, nÂș 326, DĂ©cembre 2007, p. 42


[A]u cours de cette révolution néolithique, entre 4000 et 2500 ans av.J.-C., le territoire de notre pays a vu sa population passer approximativement de 50.000 à 5 millions de personnes. [...] Au regard de ce phénomÚne, les apports ultérieurs, ceux qui ont nourri l'imaginaire des "grandes invasions", ont sans doute été modestes. Les Germains, les fameux Francs, les Huns, les Maures, les Wisigoths qui sont entrés en Gaule, formaient des bandes de quelques dizaines de milliers d'hommes, dont le nombre était grossi par la peur qu'ils inspiraient. [...] Le regain actuel d'interrogations sur les origines doit beaucoup aux vagues d'immigration qui se sont succédé depuis le XIXe siÚcle. [...] Ils ont dépassé les 2 millions durant l'entre-deux-guerre, puis les 3 millions à partir de 1975. Le véritable apport à la population française n'est donc pas celui des Gaulois, des Basques, des Francs, des Wisigoths ou des Sarrasins, maintenant largement disséminé dans toute la population mais celui de ces nouveaux acteurs.

  • « EnquĂȘte sur le peuplement de la France », HervĂ© Le Bras, L'Histoire, nÂș 326, DĂ©cembre 2007, p. 47-51


Jean-Marie Le Pen[modifier]

Il faut dĂ©noncer l'amalgame trompeur que recouvre l’appellation “immigrĂ©â€ et distinguer les Ă©trangers d'origine europĂ©enne faciles Ă  intĂ©grer et ceux issus du Tiers Monde difficilement assimilables en raison Ă  la fois de leur importance numĂ©rique et de leur spĂ©cificitĂ© culturo-religieuse qui les incite Ă  refuser l’assimilation, sous la poussĂ©e d'Ă©lĂ©ments intĂ©gristes ou Ă  l'invitation des gouvernements de leur pays d'origine.

  • Pour la France, Jean-Marie Le pen, Ă©d. Alabatros, 1986, p. 112


Ce qu’il faut dire aux AlgĂ©riens, ce n’est pas qu’ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d’eux. C’est qu’ils ne sont pas un fardeau ou que, s’ils le sont pour l’instant, ils seront au contraire la partie dynamique et le sang jeune d’une nation française dans laquelle nous les aurons intĂ©grĂ©s. J’affirme que dans la religion musulmane rien ne s’oppose au point de vue moral Ă  faire du croyant ou du pratiquant musulman un citoyen français complet. Bien au contraire, sur l’essentiel, ses prĂ©ceptes sont les mĂȘmes que ceux de la religion chrĂ©tienne, fondement de la civilisation occidentale. D’autre part, je ne crois pas qu’il existe plus de race algĂ©rienne que de race française [...]. Je conclus : offrons aux musulmans d’AlgĂ©rie l’entrĂ©e et l’intĂ©gration dans une France dynamique. Au lieu de leur dire comme nous le faisons maintenant: « Vous nous coĂ»tez trĂšs cher, vous ĂȘtes un fardeau », disons leur : « Nous avons besoin de vous . Vous ĂȘtes la jeunesse de la Nation » [
] Comment un pays qui a dĂ©plorĂ© longtemps de n’avoir pas assez de jeunes pourrait-il dĂ©valuer le fait d’en avoir cinq ou six millions?

  • Intervention du dĂ©putĂ© Jean-Marie Le Pen pour soutenir le maintien de l'AlgĂ©rie française, le 28 janvier 1958, Ă  l'AssemblĂ©e Nationale
  • Jean-Marie Le Pen, 2e sĂ©ance du 29 janvier 1958, AssemblĂ©e Nationale, dans JO - DĂ©bats parlementaires - AssemblĂ©e Nationale (1958), p.310-311, paru 1958, JO.


Si vous ĂȘtes fidĂšles Ă  la France, si vous l’aimez, si vous adoptez ses lois, ses mƓurs, sa langue, sa façon de penser, en un mot, si vous vous intĂ©grez complĂštement Ă  elle, nous ne vous refuserons pas d’ĂȘtre des nĂŽtres, pour peu qu’il y ait une Ă©tincelle d’amour et non pas seulement un intĂ©rĂȘt matĂ©riel dans votre dĂ©marche. Mais si vous ĂȘtes fidĂšles Ă  vos racines – ce qui est en soi respectable et que je respecte –, si vous prĂ©tendez vivre dans vos lois, vos mƓurs Ă  vous, avec votre culture, alors il vaut mieux que vous rentriez chez vous, sans cela tout se terminera trĂšs mal.

  • Article intitulĂ© « Discours aux jeunes beurs arrogants », ainsi que le prĂ©sident du FN l’avait prĂ©sentĂ©.


Emmanuel Macron[modifier]

Contrairement Ă  ce que certains disent, nous ne sommes pas aujourd’hui confrontĂ©s Ă  une vague d’immigration. [...] Le sujet de l’immigration ne devrait donc pas inquiĂ©ter la population française. [...] Nous ne devons pas mentir Ă  nos concitoyens : l’immigration n’est pas quelque chose dont nous pourrions nous dĂ©partir. De surcroĂźt, l’immigration se rĂ©vĂšle une chance d’un point Ă©conomique, culturel, social. Dans toutes les thĂ©ories de la croissance, elle fait partie des dĂ©terminants positifs. Mais Ă  condition de savoir la prendre en charge. Quand on sait les intĂ©grer, les former, les femmes et les hommes renouvellent notre sociĂ©tĂ©, lui donnent une impulsion nouvelle, des Ă©lans d’inventivitĂ©, d’innovation.

  • « Migrants, politique migratoire et intĂ©gration : le constat d’Emmanuel Macron », Emmanuel Macron, RĂ©forme, 2 mars 2017 (lire en ligne)


GĂ©rard Noiriel[modifier]

Aujourd'hui, on estime que la quart, voire le tiers, de la population vivant en France est issu de l'immigration, pour peu que l'on remonte jusqu'aux arriĂšre-grands parents. Cette proportion considĂ©rable [est] comparable Ă  celle des États-Unis.

  • Atlas de l'immigration en France (2002), GĂ©rard Noiriel, Ă©d. Autrement, 2002, p. 11


Charles Pasqua[modifier]

Avant la guerre, on entendait dire à propos des Espagnols et des Italiens ce qu'on entend aujourd'hui sur les Maghrébins

  • CitĂ© dans Le Monde du 2 juin 1993
  • Français et immigrĂ©s en temps de crise (1930-1980), Ralph Schor, Ă©d. Harmattan, 2004, p. 5


Patrick Peugeot[modifier]

L'avenir de la France passe par un accueil massif et de qualité des immigrants. Encore faut-il le faire avec dignité et respect.

  • Pour une vĂ©ritable communautĂ© humaine, Patrick Peugeot, Ă©d. Editions de l'Aube, 2017, p. 317


Didier Raoult[modifier]

Pour ceux que l'arrivĂ©e de migrants en Europe inquiĂšte aujourd'hui, qu'ils n'oublient pas que tous les Ă©cosystĂšmes sont instables et qu'ils ne vivent que de courtes pĂ©riodes de relative stabilitĂ©. Les mouvements de populations ont toujours existĂ©, souvent liĂ©s Ă  des poussĂ©es dĂ©mographiques. Et tout comme le prĂ©voit la mĂ©canique des fluides, les habitants d'une rĂ©gion jeune et trĂšs densĂ©ment peuplĂ©e se dĂ©placent vers des pays moins peuplĂ©s et vieillissants. Le dynamisme va toujours du cĂŽtĂ© de la jeunesse et ce phĂ©nomĂšne est inarrĂȘtable.

  • ArrĂȘtons d'avoir peur, Didier Raoult, Ă©d. Michel Lafon, 2016, p. 180-181


Les migrants d'aujourd'hui prennent les routes que les Européens ont ouvertes à l'époque de la colonisation. C'est un phénomÚne d'écosystÚme tout à fait naturel : une fois qu'une voie est tracée, elle est forcément à double sens. Les Français ont colonisé il y a cent ans des pays du Maghreb, du Moyen-Orient et d'Afrique subsaharienne, il est donc naturel que les habitants des anciens pays francophones viennent chez nous aujourd'hui !

  • ArrĂȘtons d'avoir peur, Didier Raoult, Ă©d. Michel Lafon, 2016, p. 330


Patrick Simon[modifier]

SaphirNews : Comment expliquez-vous le décalage entre les chiffres [sur le nombre de musulmans en France] ? Ne pensez-vous pas que vos chiffres sont sous-estimés sachant que les moins de 18 ans et les plus de 50 ans sont exclus des statistiques ?
Patrick Simon, démographe à l'Ined : Le chiffre de 2,1 millions que nous obtenons diffÚre des estimations habituelles pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, nous ne recueillons l’information que pour les personnes ĂągĂ©es de 18 Ă  50 ans mais le chiffre total de musulmans inclut Ă©galement les plus de 50 ans et les moins de 18 ans.
Par ailleurs, la plupart des estimations sont fondĂ©es sur l’origine des personnes et non sur leur dĂ©claration en matiĂšre de religion. Sont considĂ©rĂ©s comme « musulmans » tous les immigrĂ©s venant d’un pays Ă  dominante musulmane ainsi que tous les descendants de ces immigrĂ©s nĂ©s en France.
Cela est relativement inexact : d’une part, parce que de nombreux pays Ă  dominante musulmane comprennent des minoritĂ©s non musulmanes ; d’autre part, parce que tous les habitants de ces pays ne se considĂšrent pas nĂ©cessairement comme ayant une religion.
C’est encore plus vrai pour les descendants nĂ©s en France. Entre 20 et 30 % des descendants d’immigrĂ©s du Maghreb nĂ©s en France se disent sans religion. Doivent-ils ĂȘtre considĂ©rĂ©s de « culture musulmane » ? C’est une question intĂ©ressante du point de vue de la sociologie de la religion mais, d’un point de vue dĂ©mographique, nous avons retenu une dĂ©finition plus Ă©troite oĂč nous respectons la dĂ©claration des personnes. Il en va de mĂȘme pour les catholiques.
Les chiffres de 5 ou 6 millions sont surestimĂ©s, mais l’enjeu d’arriver au « vrai » chiffre du nombre de musulmans en France est assez limitĂ©. S’il s’agit de montrer que l’islam est devenu une religion importante en France : mĂȘme 2,1 millions de musulmans suffisent Ă  valider cette idĂ©e puisque l’islam se trouve ĂȘtre la deuxiĂšme religion aprĂšs le catholicisme.

  • Selon l’étude « Trajectoires et Origines » rĂ©alisĂ©e par l'Institut national des Ă©tudes dĂ©mographiques (INED) et l'Institut national de la statistique et des Ă©tudes Ă©conomiques (INSEE) en 2008-2009, le nombre de musulmans en France est estimĂ© Ă  2,1 millions et non plus 5 Ă  6 millions, souvent avancĂ©s par la classe politique, les Ă©conomistes et les mĂ©dias


Farid Smahi[modifier]

Si le Front National se comportait en adversaire des français issus de l'immigration, qu'y ferais-je ? C'est une grossiÚre escroquerie morale de la part des partis politiques considérés comme bien pensants, de traiter le Front National en adversaire de la composante immigrée de la population française. Combien sont-ils à avoir présenté des candidats issus de l'immigration aux diverses élections ?

  • Français d'abord n°272, Farid Smahi, Ă©d. FN, 1999, p. 5


Yvan Perrin[modifier]

Naturellement, les communiquĂ©s officiels louent ce solde migratoire net comme on dit, relevant l’influence prĂ©tendument bĂ©nĂ©fique sur les assurances sociales, soulignant que ces nouveaux arrivĂ©s apportent davantage qu’il ne coĂ»tent. La chose est sans doute vraie mais que se passera-t-il lorsque cette nouvelle population fera Ă  son tour valoir ses droits ? Qui paiera lorsque ce moment sera venu ? Cette tactique visant Ă  faire venir du monde pour payer les rentes d’aujourd’hui rappelle volontiers la façon de procĂ©der d’un certain Bernard Madoff qui rĂ©tribuait ses anciens investisseurs avec l’argent des nouveaux. On sait ce qui s’est passĂ© lorsque le systĂšme s’est grippĂ©.

  • « 8 millions, c’est assez ! », Yvan Perrin, Franc-parler, septembre 2012, p. 4


Emmanuel Todd[modifier]

Bien des problĂšmes psychologiques et sociaux engendrĂ©s par l'Ă©mergence de la deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration maghrĂ©bine doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme le rĂ©sultat d'un processus d'assimilation trop rapide. Les quelques cas de non-assimilation apparente concernent des populations dont l'arrivĂ©e en France est trop rĂ©cente pour que les donnĂ©es immĂ©diates permettent une quelconque conclusion.

  • Le destin des immigrĂ©s, Emmanuel Todd, Ă©d. Seuil, 1994, p. 369


L’Europe, dĂ©mographiquement dĂ©primĂ©e par sa faible fĂ©conditĂ©, a besoin d'immigrĂ©s. L'installation d'Ă©trangers sur son sol est l'une des conditions de sa survie.

  • L'invention de l'Europe, Emmanuel Todd, Ă©d. Seuil, 1996, p. 612


Tzvetan Todorov[modifier]

[C]e n'est pas parce que leurs ancĂȘtres ont contribuĂ© Ă  l’épanouissement culturel europĂ©en (ou Ă  celui de leurs pays d'origine) que nous devons respecter aujourd'hui les enfants des immigrĂ©s maliens ou marocains, roumains ou turcs ; c'est parce qu'ils sont des ĂȘtres humains au mĂȘme titre que les autres. Le respect pour la dignitĂ© humaine ne se mĂ©rite pas, il est une donnĂ©e prĂ©alable.

  • La peur des barbares, Tzvetan Todorov, Ă©d. robert Laffont, 2008, p. 112


Enzo Traverso[modifier]

L'immigration est l'avenir du vieux monde, la condition pour éviter son déclin démographique, son déclin économique, pour payer les retraites d'une population vieillissante, pour s'ouvrir au monde, pour renouveler ses cultures et les faire dialoguer. Tous les analystes font ce constat élémentaire, mais nos politiques ne veulent pas l'admettre pour des calculs bassement électoraux.

  • Les nouveaux visages du fascisme, Enzo Traverso, Ă©d. Textuel, 2017, p. 54


Georges Vacher de Lapouge[modifier]

Il y a dans la France continentale [en 1926] environ vingt millions de Français bien purs d'origine, Ă  peu prĂšs dix millions de Français mĂ©langĂ©s, contaminĂ©s par des infiltrations anciennes provenant de pays voisins, par des importations d'esclaves faits sur les musulmans,(et mÇȘMe par des nĂšgres introduits en grand nombre pendant les trois derniers siĂšcles dans les provinces de l'Ouest, enfin prĂšs de dix millions de mĂ©tĂšques arrivĂ©s d'hier ou depuis un siĂšcle au plus.

  • Lapouge, auteur de "l'Aryen et son rĂŽle social" va fournir plus tard les Ă©lĂ©ments fondateurs de l'antisĂ©mitisme nazi.
  • Le dĂ©clin de la Grande Race (1916), Madison Grant, Ă©d. L'Homme Libre, 2002, prĂ©face de Vacher de Lapouge (1926), p. 23


Justin VaĂŻsse[modifier]

Avec le plus grand nombre de musulmans en Europe – des musulmans dont l’intĂ©gration Ă  la nation est, pour la plupart et depuis longtemps, une rĂ©alitĂ© – et une politique publique plus adroite qu’il n’y paraĂźt, la France, qu’on savait « fille aĂźnĂ©e de l’Église » depuis le VIIIe siĂšcle, fait dĂ©sormais figure de « fille aĂźnĂ©e de l’islam » d’Europe, le pays oĂč les formes nouvelles de cette religion et des cultures qui lui sont associĂ©es peuvent s’épanouir dans un contexte sĂ©culier moderne, pour son plus grand bĂ©nĂ©fice. Ce que nous voyons Ă©merger depuis plusieurs annĂ©es, c’est un islam français, pour ne pas dire gallican (puisqu’il n’y a pas d’Église musulmane qu’on puisse ainsi qualifier), respectueux de la laĂŻcitĂ© et imprĂ©gnĂ© de culture politique française. L’islam de France, pour prendre une formule trop souvent rĂ©pĂ©tĂ©e, a dĂ©finitivement remplacĂ© l’islam en France.

  • IntĂ©grer l'Islam, Justin VaĂŻsse, Ă©d. Odile Jacob, 2006, Introduction : La France, fille aĂźnĂ©e de l’islam d’Europe, p. 17


Quand la France se regarde dans un miroir imaginaire, elle se voit blanche et catholique, ou non croyante. En fait, elle est devenue diverse, et elle l'est de plus en plus; il suffit pour le constater de prendre le mĂ©tro ou, de façon plus rĂ©vĂ©latrice encore, d'aller visiter une Ă©cole publique dans l'une des grandes agglomĂ©rations du pays ou Ă  sa pĂ©riphĂ©rie. Mais le rĂ©flexe qui associe "Français" et "Blanc", plutĂŽt que "Français" et "citoyen", reste omniprĂ©sent. Or, les idĂ©aux universalistes de la RĂ©publique n'ont rien Ă  voir ni avec la couleur de la peau ni avec la religion. Pour la France, s'accepter diverse sur le plan ethnique et religieux ne remet en question son identitĂ© que si elle se reprĂ©sente elle-mĂȘme comme une nation blanche et chrĂ©tienne, et non pas comme une nation "idĂ©elle". En d'autres termes : que si elle trahit ses propres idĂ©aux.

  • IntĂ©grer l'Islam, Justin VaĂŻsse, Ă©d. Odile Jacob, 2006, Introduction, p. 20


Pierre-Maurice Vernay[modifier]

La Suisse terre d'immigration ? Bien sĂ»r que non ! Ce malheureux pays est tout bonnement envahi par des vagues plĂ©thoriques d'immigrĂ©s dĂ©sireux de multiplier par 4, 5 et plus leurs salaires. EncouragĂ©s en cela par "Économie Suisse" et Cie, vĂ©ritables fossoyeurs du pays, ils crĂ©ent par leur seule prĂ©sence les emplois qu'on leur attribuera afin de construire les logements qu'ils occuperont, de nouvelles Ă©coles pour leurs enfants, toujours plus de supermarchĂ©s etc...

  • « Neirynck:Les salves du crepuscule », Pierre-Maurice Vernay, DĂ©mocrate suisse, nÂș 10, Octobre 2011, p. 13


Patrick Weil[modifier]

La seule invasion que nous connaissons, c'est celle des touristes puisqu'il y a environ 90 millions d'Ă©trangers qui viennent en France tous les ans.


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