Dante (Fauriel)

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Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4
Claude Fauriel

Dante

DANTE.

La famille de Dante n’était pas une des moins illustres nicles moins vineiennes de Florence. Toutefois, ce que l’on sait de posilf n’est pas tl’un j^rand intérêt, et remonte à peine au xii*’siècle. Caccia^^uida, le plus illustre des ancêtres de notre poète, élàltlïé’Tefs 1 106. Il épousa une femme de la famille des Aldiu : hieri de Ferrare ou de Parme. Lorsqu’en H 47 l’empereur Conrad IIÏ partit pour la troisième croisade, à la tète d’une superbe armée, Gacciaguida était encore dans la vigueur de l’Age, et voulut être de l’expédition. On sait combien elle fut désastreuse ; on sait que la marche des croisés allemands, à dater du jour on ils eurent mis le pied sur les terres du sultan d’Iconium jusqu’à celui de leur entrée à Nicée, ne fut ({u’une déplorable déroute, où plus de 60, 000 hommes moururent de soif, de faim, et par le fer ennemi. Caccia(i) Cette belle biographie de Danle, qui se compose de leçons prononcées par M. Fauriel à la Faculté des lettres, recevra « n développement ultérieur par le jugement des ouvrages du poète. Mais certaines notes de détail et pièces justilicalives compléuienlaires ne seront données que plus tard dans un ouvrage étendu de l’auteur, sur les origines de la langue et de la littérature italienne. ( N. du n) Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/42 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/43 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/44 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/45 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/46 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/47 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/48 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/49 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/50 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/51 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/52 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/53 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/54 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/55 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/56 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/57 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/58 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/59 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/60 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/61 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/62 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/63 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/64 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/65 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/66 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/67 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/68 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/69 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/70 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/71 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/72 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/73 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/74 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/75 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/76 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/77 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/78 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/79 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/80 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/81 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/82 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/83 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/84 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/85 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/86 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/87 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/88 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/89 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/90 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/91 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/92 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/93 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/94 Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 4.djvu/95 92 REVUE DES DEUX MONDES.

premiers mois de l’amiée 4321. A peine Teut-ii terminé, qu’il qiiilta Ravenne pour se rendre dans quelque autre ville de l’Italie, mais on ne peut dire avec assurance dans laquelle : il est seulement très probable que « e fut à Venise ; et, dans ce cas, on peut être certain qu’il y fut envoyé par Guido Novello, pour y traiter de quelque affaire avec le sénat de la république. Quelle fut l’issue de la mission, si mission il y eut, c’est ce que l’on ignore. Une seule chose est certaine, c’est que l’absence de Dante, quel qu’en fut le motif, fut courte : il revint en hâte à Ravenne, et à peine y était-il de retour, qu’il fut atteint de la maladie dont il ne devait pas se relever : il mourut le 14 septembre de cette même année 1321. Guido jNovello se piqua de tenir au mort la promesse qu’il avait faite au vivant : les funérailles de Dante furent le sombre et froid simulacre d’un triomphe poétique. Il fut porté en terre sur un char richement décoré, magnifiquement vêtu, couronné de laurier, et un volume ouvert sur sa poitrine. Il fut enseveli dans le cimetière de l’église des Frères Mineurs, sous l’habit desquels il paraît qu’il avait voulu mourir. Pour dire quelques mots de l’extérieur et des manières de Dante, je ne puis que citer ce qu’en a dit Boccace, qui seul a pu en apprendre et en dire quelque chose.

Dante était de taille moyenne et légèrement voûté : sa démarche était noble et grave, son air bienveillant et doux. Il avait le nez aquilin, les yeux grands, la figure longue, et la lèvre intérieure un peu s ;.i ! lante sur la lèvre supérieure. Il avait le teint 1res brun, la barbe et les cheveux noirs, épais et crépus.

Sa physionomie était celle d’un homme mélancolique et pensif. Naturellement rêveur et taciturne, il ne parlait guère à moins d’être interrogé ; et souvent absorbé comme il l’était dans ses réflexions, il n’entendait pas toujours les questions qui lui étaient faites.

Il aimait passionnément tous les beaux-arts, ceux mêmes qui n’avaient pas un rapport immédiat avec la poésie, comme la peinture. Il avait pris dans sa jeunesse des leçons de Cimabue, le dernier et le plus célèbre des peintres qui travaillè ent dans ce que l’on appelle la manière grecque : il fut ensuite très lié avec Giolto, le successeur de Cimabue qu’il éclipsa, et le véritable créateur de la peinture moderne. Oante eut aussi des liaisons intimes avec les musiciens et les chan teurs renommés de son temps. Doué lui-même d’une belle voix, il chantait agréablement et chantait volontiers ; c’était sa manière favorite d’épancher les émotions de son ame, surtout quand elles étaient douces ti heureuses.

Faurikl.