Page:Coubertin Les Jeux Olympiques 776 - 1896.djvu/21

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ciétés, parmi lesquelles beaucoup étaient des sociétés scolaires, établies dans les lycées, créés et dirigées par des lycéens. Mes précédents voyages, la nécessité d’étudier ce qui se faisait au dehors pour travailler plus efficacement au dedans, à la réussite de l’entreprise, m’avaient créé des relations avec ceux qui, dans les autres pays, donnent aussi leur attention aux exercices physiques. De plus, à l’occasion de l’exposition universelle de 1889, le gouvernement Français avait convoqué à Paris, des congrès internationaux d’ordres très divers ; parmi ceux-là il y avait un congrès d’éducation physique. Chargé de l’organiser, j’avais envoyé partout à l’étranger, une circulaire et un questionnaire ayant trait à la façon dont les exercices physiques étaient pratiqués dans les collèges et universités. Enfin j’avais fondé un journal mensuel, la Revue Athlétique dans le but de provoquer un mouvement en faveur des sports virils et de comparer les uns aux autres les résultats obtenus ici et là. La mission dont le ministère de l’Instruction Publique me chargea en 1889 et qui tendait à visiter les établissements d’Instruction Publique de l’Amérique du nord m’avait permis d’ajouter des nouveaux documents à mon dossier international. Tout cela me mit, à même de constater qu’au soir du Siècle qui l’avait vu renaitre, l’athlétisme courait déjà de grands dangers et que ses progrès allaient être compromis si l’on n’intervenait pas d’une façon prompte et énergique. Partout, j’avais rencontré la discorde, la guerre civile établie entre les partisans ou les adversaires de telle ou telle forme d’exercice ; cet état de choses me parut provenir d’une spécialisation excessive. Les gymnastes voulaient du mal aux rameurs, les escrimeurs aux cyclistes, les tireurs aux joueurs de lawn-tennis : entre adoptes d’un même sport, la paix ne régnait pas davantage ; les amis de la gymnastique allemande déniaient tout mérite à la méthode suédoise et les règles américaines de foot-ball paraissaient aux joueurs anglais, contraires au bon sens. Il y avait encore autre chose : il y avait l’esprit mercantile qui menaçait d’envahir les cercles sportifs : là ou on ne courait pas, ou on ne luttait pas ouvertement pour de l’argent on sentait néanmoins une tendance à de regrettables compromis ; et dans le

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