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l’endroit sous lequelle seton a passé, & par-dessus une compresse assez épaisse. En rapprochant par ce moyen les parois du sinus, on procure une prompte réunion.

Seton, opération de Chirurgie par laquelle on perce d’un seul coup la peau en deux endroits, avec un instrument convenable, pour passer une bandelette de linge d’une ouverture à l’autre, afin de procurer une fontanelle, ou ulcere dans une partie saine. Voyez Fontanelle. Le seton se pratique le plus ordinairement à la nuque.

Il y a bien des auteurs qui ne sont point partisans de cette opération. On fait contre elle des objections qui lui sont particulieres ou communes avec les cauteres. Plusieurs personnes, fort éclairées d’ailleurs, ne croyent pas qu’un trou fait à la peau & à la graisse puisse servir d’égoût aux humeurs vitiées qui produisent des maladies habituelles ; telles que les maux de tête invétérés, les ophthalmies opiniâtres, &c. Cette opinion est contredite par un grand nombre de faits qui assurent l’utilité de ces sortes d’évacuations ; elles peuvent même servir de préservatis : on a l’expérience que les personnes qui portent des cauteres ne sont point attaquées de la peste. Voyez Ambroise Paré & autres auteurs, qui rapportent des observations positives à ce sujet.

Les raisons particulieres qu’on trouve dans les livres contre l’opération du seton, ont pour fondement la méthode cruelle dont on la pratiquoit. Les anciens pinçoient la peau avec des tenailles percées, & passoient un fer ardent au-travers de ces ouvertures pour percer la peau.

Pour faire cette opération par une méthode plus simple & moins douloureuse, le chirurgien pince la peau & la graisse longitudinalement avec les pouces & les doigts indicateurs des deux mains ; il fait prendre par un aide le pli de peau qu’il pinçoit de la main droite, & de cette main il perce la peau avec un petit bistouri à deux tranchans ; après avoir retiré son instrument, il passe la bandelette par le moyen de l’aiguille à seton, & on panse les deux petites plaies avec de la charpie, une compresse, & quelques tours de bande. On peut avoir un bistouri avec une ouverture ou œil vers la pointe : par ce moyen on passera la bandelette en même tems qu’on fait les incisions.

La suite des pansemens est la même que nous l’avons décrite au mot Seton, piece d’appareil.

Cette espece de fontanelle a sur le cautere les avantages d’être faite dans le moment : la suppuration y est établie dès le second jour ; & dans l’application du cautere, il faut attendre la chûte de l’escarre, qui ne se fait souvent qu’au bout de douze ou quinze jours. L’ulcere produit par le seton est tellement soumis à la volonté du chirurgien, qu’on l’entretient tant de tems qu’on le desire, & qu’on le guérit de même dès qu’on le souhaite, en ôtant la bandelette. L’ulcere qu’on a fait avec le cautere, se guérit quelquefois malgré qu’on en ait ; & souvent on desireroit le guérir sans pouvoir y réussir, du moins aussi promptement que le seton ; dans ce dernier cas la guérison est une affaire de vingt-quatre heures, & l’ulcere du cautere doit être mondisié, détergé & cicatrisé, ce qui demande un tems plus long. (Y)

SE-TSE, ou TSE-TSE, (Hist. nat. Botan.) espece de figues, qui ne croissent qu’à la Chine, & sur-tout dans les provinces de Chan-tong & de Yun-nan. Ces figues ont un parfum délicieux ; l’arbre qui les produit est de la grandeur d’un noyer, dont les feuilles sont d’un très beau verd d’abord, mais ensuite elles deviennent d’un rouge très-vif. Le fruit est de la grosseur d’une pomme médiocre ; il jaunit à mesure qu’il mûrit. Lorsqu’on fait sécher ces figues, elles se couvrent, à l’extérieur d’un enduit semblable à du sucre.


SETTE, ou SETE, (Géog. mod.) cap de France dans le bas Languedoc, sur la côte de la mer, au midi du lac de Maguelone & de la bourgade de Frontignan. Louis XIV. y fit construire un port qui est pour les galeres & les petits bâtimens. C’est-là que commence le canal de Languedoc, qui va se terminer dans la Garonne à Toulouse. Long. suivant Cassini, prise au fanal de cette ville, 21. 13. latit. 43. 24. 40. (D. J.)

SETTENIL, (Géog. mod.) en latin barbare Septenilium, petite ville d’Espagne, dans le royaume de Grenade, sur un rocher, au couchant de Munda, & vers les confins de l’Andalousie. La plûpart des maisons sont taillées dans le roc ; le terrein des environs ne produit que des pâturages. (D. J.)

SETTIA, (Géog. mod.) province de l’île de Candie, du côté de l’occident, dans l’endroit que l’on appelle Isthene ; cette province est très-petite, n’ayant qu’environ douze milles d’étendue, & pour chef-lieu une petite ville de son nom. (D. J.)

Settia, (Géog. mod.) ville de l’île de Candie, & le chef-lieu de la petite province de même nom ; elle est située au septentrion sur le bord de la mer ; son château qui étoit assez considérable, a été détruit par les Vénitiens en 1651, & n’a point été rétabli par les Turcs depuis que l’île de Candie a passé dans leurs mains. (D. J.)

SÉTUBAL, (Géog. mod.) ville de Portugal, dans l’Estramadoure, au midi du Tage, vers l’embouchure du Zadaor, à 10 lieues au sud-est de Lisbonne.

Sétubal a été bâtie des ruines de l’ancienne Cetobriga, qui étoit un peu plus avant au couchant, & dans laquelle Jupiter Ammon avoit un temple. On a eu soin de la fortifier, & de la fermer de murailles. Elle est située au bout d’une plaine de deux lieues de longueur, extrèmement fertile en grain, en vin, & en fruits. Au couchant de cette ville, la terre fait un promontoire avancé dans la mer, qui présente deux cornes, l’une au nord du côté du Tage, & l’autre au midi du côté de l’océan ; ce dernier promontoire est le promontorium Barbarium des anciens, & le cap de Espichel des modernes.

Sétubal s’étoit accrue par la commodité de son port, par la fertilité de son terroir, par la richesse de sa pêche, & par la fécondité de ses salines. Enfin, son commerce florissant avoit rendu depuis deux siecles cette ville considérable, lorsqu’elle a été détruite par ce terrible tremblement de terre, du premier Novembre 1755, qui a si prodigieusement endommagé Lisbonne. Long. 8. 45. latit 38. 22. (D. J.)

SETUNDUM, (Géog. anc.) ville de l’Ethiopie, sous l’Egypte, le long du Nil, selon Pline, l. VI. c. xxx. (D. J.)

SETZ, (Géogr. mod.) par M. de l’île Seezin, ville de la basse-Hongrie, dans le comté de Barauyvar, à la droite du Danube, entre Bude & Peterwaradin. (D. J.)

SEVA, s. m. (Hist. nat. Botan.) arbrisseau de l’île de Madagascar ; ses feuilles sont d’un verd foncé par-dessus ; elles sont blanches & cotonneuses par-dessous, & de la grandeur de celles d’un amandier, elles sont astringentes & peuvent servir de remede contre le flux de sang.

Seva, (Antiq. rom.) couteau dont on se servoit dans les sacrifices pour égorger les victimes. (D. J.)

SEUDRE la, (Géog. mod.) riviere de France, en Saintonge ; elle se jette dans la mer près de Marennes, & vis-à-vis la pointe méridionale de l’île d’Oleron. Au reste, la Seudre est plutôt un bras de mer qu’une riviere, puisqu’elle n’est navigable que par le secours des marées ; ses environs en tirent de grands avantages, parce qu’elle donne entrée quatre lieues avant dans les terres à des vaisseaux de deux


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