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dont elle étoit imbibée, à la distance de la main au tableau ; l’on trouveroit en calculant bien qu’il étoit absolument impossible, sans changer les lois de la nature, que l’effet n’arrivât point. Nous en dirions autant de l’univers, si toutes les propriétés de la matiere nous étoient bien connues.

On personnifie souvent le hazard, & on le prend pour une espece d’être chimérique, qu’on conçoit comme agissant arbitrairement, & produisant tous les effets dont les causes réelles ne se montrent point à nous ; dans ce sens, ce mot est équivalent au grec τύχη, ou fortune des anciens. Voyez Fortune.

Hazard, marque aussi la maniere de décider des choses dont la conduite ou la direction ne peuvent se réduire à des regles ou mesures déterminées, ou dans lesquelles on ne peut point trouver de raison de préférence, comme dans les cartes, les dés, les loteries, &c.

Sur les lois du hazard, ou la proportion du hazard dans les jeux. Voyez Jeux.

M. Placette observe que l’ancien sort ou hazard avoit été institué par Dieu même, & que dans l’ancien Testament nous trouvons plusieurs lois formelles ou commandemens exprès qui le prescrivent en certaines occasions ; c’est ce qui fait dire dans l’Ecriture que le sort ou hazard tomba sur S. Matthias, lorsqu’il fut question de remplir la place de Judas dans l’apostolat.

De-là sont venus encore les sortes sanctorum, ou la maniere dont les anciens chrétiens se servoient pour conjecturer sur les évenemens ; savoir d’ouvrir un des livres de l’Ecriture-sainte, & de regarder le premier verset sur lequel ils jetteroient les yeux : les sortes homeriæe, virgilianæ, prenestinæ, &c. dont se servoient les Payens, avoient le même objet, & étoient parfaitement semblables à celles-ci. Voyez Sort.

S. Augustin semble approuver cette méthode de déterminer les événemens futurs, & il avoue qu’il l’a pratiquée lui-même, se fondant sur cette supposition que Dieu préside au hazard, & sur le verset 33. chapitre xvj. des Proverbes.

Plusieurs théologiens modernes soûtiennent que le hazard est dirigé d’une maniere particuliere par la Providence, & le regardent comme un moyen extraordinaire dont Dieu se sert pour déclarer sa volonté. Voyez Purgation, Judicium Dei, Combats, Champions, &c.

HAZARDS, (Analyse des) est la science du calcul des probabilités. Voyez les articles Jeu, Pari, Probabilité, &c.

Hazard, en fait de Commerce ; on dit qu’on a trouvé un bon hazard, pour signifier qu’on a fait un bon marché, & sur lequel il y a beaucoup à gagner.

On appelle marchandise de hazard, celle qui n’étant pas neuve, n’est pas néanmoins gâtée, & peut être encore de service.

HE

HÉA, s. m. (Géog.) province d’Afrique, sur la côte de Barbarie, dans la partie la plus occidentale du royaume de Maroc ; elle a par-tout de hautes montagnes, quantité de troupeaux de chevres, des cerfs, des chevreuils, des sangliers, & les plus grands lievres de Barbarie. Il n’y croît que de l’orge qui fait la nourriture ordinaire des habitans. Ils sont robustes, très-jaloux, & les femmes fort adonnées à l’amour : quoique Mahométans, ils ne savent ce que c’est que Mahomet & sa secte ; mais ils font & disent tout ce qu’ils voyent faire & entendent dire à leurs alfaquis ; ils n’ont ni medecins, ni chirurgiens, ni apoticaires, & n’en sont pas plus malheureux. Marmol a décrit amplement leurs mœurs & leur façon de vivre ; consultez-le. Tednest est la capitale de


cette province, qui occupe la pointe du grand Atlas, & est bornée par l’océan au couchant & au septentrion. (D. J.)

HÉAN, (Géog.) ville d’Asie dans le Tonquin ; c’est le siége d’un mandarin de guerre qui en est le gouverneur. (D. J.)

HEATOTOTL, s. m. (Ornitholog.) oiseau d’Amérique décrit par Niéremberg, & qu’il nomme en latin l’oiseau du vent, avis venti ; il est remarquable par une large & longue crête de plumes blanches qu’il porte sur sa tête ; sa gorge est d’un cendré brun ; son ventre est blanc, & ses piés sont jaunes ; sa queue mi-partie noire & blanche, est ronde quand elle est déployée ; son dos & ses aîles sont noires. (D. J.)

HEAUME, s. m. voyez Casque.

Heaume, (Marine.) dans les petits bâtimens on appelle ainsi la barre du gouvernail. (R)

* HEAUMERIE, s. f. (Art méchan.) art de fabriquer les armures tant des cavaliers & de leurs chevaux, que des hommes de pié ; ce mot vient de heaume ou casque ; d’où l’on a fait encore heaumiers ou faiseurs de heaume ; ce sont nos Armuriers qui leur ont succédé.

* HEBDOMADAIRE, adj. (Gram.) de la semaine ; ainsi des nouvelles hebdomadaires, des gazettes hebdomadaires, ce sont des nouvelles, des gazettes qui se distribuent toutes les semaines. Tous ces papiers sont la pâture des ignorans, la ressource de ceux qui veulent parler & juger sans lire, & le fleau & le dégoût de ceux qui travaillent. Ils n’ont jamais fait produire une bonne ligne à un bon esprit ; ni empêché un mauvais auteur de faire un mauvais ouvrage.

* HEBDOMADIER, s. m. (Hist. ecclés.) celui qui est de semaine dans une église, un chapitre, ou un couvent, pour faire les offices & y présider. On l’appelle plus communément semainier ; il a en plusieurs endroits des priviléges particuliers, tels que des collations, & des rétributions particulieres.

On appelle aussi hebdomadier dans quelques monasteres celui qui sert au réfectoire pendant la semaine.

On a étendu ailleurs cette dénomination à toutes les fonctions auxquelles on se succede à tour de rôle.

Ainsi dans l’antiquité ecclésiastique, on trouve un chantre hebdomadier, un hebdomadier de chœur, un hebdomadier de cuisine, &c.

D’hebdomadier, on a fait dans les couvens de religieuses, l’hebdomadiere.

HEBDOMÉES, s. f. plur. (Antiq.) fête qui selon Suidas & Proclus, se célébroit à Delphes le septieme jour de chaque mois lunaire, en l’honneur d’Apollon, ou seulement selon Plutarque & d’autres auteurs, le septieme jour du mois βύσιον, qui étoit le premier mois du printems. Les habitans de Delphes disoient βύσιον pour πύσιον, , parce que dans leur dialecte, le β prenoit souvent la place du π ; πύσιος est formé du prétérit parfait de πυνθάνεσθαι, interroger, parce qu’on avoit dans ce mois une entiere liberté d’interroger l’oracle.

Les Delphiens prétendoient qu’Apollon étoit né le septieme jour de ce mois ; c’est pour cela que ce dieu est surnommé par quelques écrivains Hebdomagènes, c’est-à-dire, né le septieme jour ; & c’étoit proprement ce jour-là, qu’Apollon venoit à Delphes, comme pour payer sa fête, & qu’il se livroit dans la personne de sa prêtresse, à tous ceux qui le consultoient.

Ce jour célebre des hebdomées, étoit appellé πολύφθοος, non pas parce qu’on mangeoit beaucoup de ces gâteaux faits de fromage & de fleur de froment, dits φθοῖς ; mais parce qu’Apollon étoit fort importuné par la multitude de ceux qui venoient le consulter.

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