Page:Mullié - Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, II.djvu/394

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année, et se rendit à Lille, chef-lieu de son gouvernement. Il était en tournée pour le service de sa division lorsqu’il mourut au château de Saint-André, à Witernesse, le 21 octobre 1813, emportant dans la tombe l’estime et les regrets de tous. La ville entière accompagna ses restes à sa dernière demeure.


ORDENER (Michel), comte

né le 2 septembre 1755, à Saint-Avold (Moselle), entra dans les dragons de la légion de Condé le 1er janvier 1773, brigadier le 7 novembre 1776 ; il passa, le 9 décembre, avec son grade et un escadron, après la suppression de la légion, dans les dragons de Boufflers, et repassa, avec le même escadron, au 4e de chasseurs à cheval, devenu 10e.

Ordener obtint tout son avancement dans ce corps ; maréchal-des-logis le 1er septembre 1785, adjudant le 23 mai 1787, sous-lieutenant le 25 janvier 1792, lieutenant le 23 mai suivant, capitaine le 1er mai 1793, chef d’escadron le 9 thermidor an II, et chef de brigade le 30 fructidor an IV ; il fit les campagnes des années 1792 et 1793 à l’armée du Rhin et de la Moselle, et donna des preuves multipliées d’une brillante valeur dans les guerres de l’an II à l’an VIII aux armées du Rhin, des Alpes, d’Italie, d’Angleterre et du Danube.

Nommé chef de brigade des grenadiers à cheval de la garde des Consuls, le 29 messidor an VIII, il fut souvent cité avec éloges par les divers généraux commandant les divisions dont son régiment fit partie.

Dans cette campagne, l’intrépide Ordener fit environ 6.000 prisonniers, prit 26 bouches à feu, la majeure partie de leurs caissons, 7 drapeaux ou étendards, environ 200 chariots chargés d’équipages, au moins 2.400 chevaux ; il eut 7 chevaux tués sous lui, reçut huit coups de sabre, dont cinq sur la tête, à l’affaire de Valevau, le 27 thermidor an VII, et trois coups de feu qui, quoique assez graves, ne le mirent pas hors d’état de pouvoir continuer ses services : le seul inconvénient qui résulta de ses blessures fut une surdité périodique provenant d’un coup de boulet qui lui enleva la face droite.

Promu général de brigade le 11 fructidor an XI, membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII, il reçut du ministre de la guerre, le 20 ventôse, l’ordre de se porter sur la ville d’Ettenheim pour y opérer l’arrestation du duc d’Enghien. Le général Ordener y arriva le 25, et fit cerner, de concert avec le général Fririon. la maison du prince, par un détachement de gendarmerie et une partie du 22e de dragons. À cinq heures et demie, les portes furent enfoncées et le duc emmené au moulin près la Tuilerie ; on enleva ses papiers, on les cacheta, et l’on conduisit le prince dans une charrette, entre deux haies de fusiliers, jusqu’au Rhin.

Voici l’ordre que reçut à ce sujet le général Ordener du ministre de la guerre :

Paris, le 20 ventôse an XII.

« En conséquence des dispositions du gouvernement qui met le général Ordener à celles du ministre de la guerre, il lui est ordonné de partir en poste de Paris, aussitôt après la réception du présent ordre, pour se rendre le plus rapidement possible, et sans s’arrêter un instant, à Strasbourg. Il voyagera sous un autre nom que le sien. Arrivé à Strasbourg, il verra le général de la division. Le but de la mission est de se porter sur Ettenheim, de cerner la ville, d’enlever le duc d’Enghien, Dumouriez, un colonel anglais et tout autre individu qui serait à leur suite. Le général commandant la 5e division, le maréchal-des-logis qui a été reconnaître Ettenheim,

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