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les relations internationales rencontrent en Chine, le commerce maritime des États-Unis se maintient au troisième rang, relativement aux exportations de thé par le port de Canton : elles ont atteint 9 millions de kilos en 1840, les registres du consulat britannique les portent à 7,169,000 kilos en 1844 ; d’après les dernières études de MM. Isidore Hedde, Ed. Renard, a Haussmann et N. Rondot, délégués commerciaux attachés à la mission de France en Chine, les exportations par navires américains se sont élevées en 1845 à 20,757,256 kilos.

La restauration de la maison de Nassau, en rendant à la Hollande sa productive colonie de Java, en lui rouvrant du même coup les relations avec la Chine, semblait devoir lui offrir l’occasion favorable d’un grand commerce sur les thés exportés de Canton, si les Anglais n’eussent à son détriment accaparé ce commerce. Cependant, d’après un document émané du ministère des finances de la Néerlande, la consommation du thé dans ce pays se serait élevée à 450,000 kilogrammes en 1840 ; les exportations du port de Canton pour la même destination sont évaluées à 1,059,000 kilogrammes, en 1844, par le consulat britannique. On sait d’ailleurs qu’une partie notable du thé consommé par la Hollande vient des cultures de sa colonie de Java.

Quoi qu’il en soit, il est certain que la France, au point de vue du commerce aussi bien que de la consommation des différentes sortes de thé, occupe à peine le cinquième rang ; les données précises publiées par nos états de douanes ne peuvent laisser aucun doute sur ce point. Les importations représentant la moyenne annuelle de notre commerce général durant une période de dix ans, de 1827 à 1836, étaient de 354,793 kilos ; pendant la période décennale suivante, elles se sont abaissées à 263,470 kilos ; elle furent un peu réduites encore de 1847 à 1856, et la moyenne de ces dix années ne dépassa pas 237,367 kilos. Les deux années suivantes, 1857 et 1858, ont présenté une moyenne annuelle plus forte même que durant la première période, 422,603 kilos, représentant au moins une valeur de 2,535,618 francs. On ne peut que bien augurer de ce développement commercial, qui, pour la France, correspond à un accroissement notable de la consommation du thé. De 233,768 kilos, chiffre qu’elle atteignait en 1857, cette consommation s’est élevée à 262,538 kilos, soit de 13 pour 100, dans le cours de l’année 1858.

Le thé occupe, dans les pays spécialement producteurs, de nombreuses populations d’ouvriers ; il alimente un commerce considérable, tant dans l’intérieur de la Chine que dans le monde entier. Quel est cependant le rôle hygiénique de ce produit ? Quelle en est l’influence sur la santé des peuples ? La science a essayé de