Géographie des États-Unis/La première puissance mondiale

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La première puissance mondiale
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Chapitre no 4
Leçon : Géographie des États-Unis
Chap. préc. : Des métropoles puissantes
Chap. suiv. : Annexe/Lexique
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La première puissance économique[modifier | modifier le wikicode]

Classement des dix premiers pays du monde par leur PNB en 2006

Les États-Unis sont la première puissance économique du monde et produisent 25% du P.I.B. mondial[1]. Le P.I.B. américain vaut trois fois celui du Japon et six fois celui de la France. Si la Californie était indépendante, elle serait la huitième puissance mondiale par son P.I.B..

Les États-Unis occupent la première place pour la production industrielle[2], les importations[3], les services[4], la production d'électricité[5], le transport aérien[6] et les investissements à l'étranger[7] ; la deuxième place pour le trafic de conteneurs[8] ; la troisième place pour les exportations[9], le tourisme international et la production de pétrole[10]. La bourse de New York est la première du monde. Sur les 100 premières entreprises mondiales par le chiffre d'affaires, 31 sont américaines[11]. De nombreux secteurs restent dominés par une entreprise américaine : l'aéronautique (Boeing), les boissons (Coca-Cola), les logiciels (Microsoft), l'informatique (Hewlett-Packard), les produits domestiques (Procter & Gamble), le pétrole (ExxonMobil), la pharmacie (Johnson & Johnson), les semi-conducteurs (Intel), les télécommunications (AT&T), etc[12].

Les constituants de la puissance économique[modifier | modifier le wikicode]

Les États-Unis sont un pays capitaliste dans lequel la liberté d'entreprendre est un droit fondamental. Cependant, l'État fédéral et les pouvoirs publics interviennent dans l'économie pour garantir la libre concurrence, soutenir les secteurs en difficulté et développer les exportations. Le gouvernement passe des commandes pour équiper l'armée, ce qui bénéficie au secteur de l’aéronautique et de l'espace.

Les méthodes de travail américaines se sont diffusées dans le monde. La société de consommation et l'American Way of Life sont véhiculés par le cinéma. L'anglais reste la langue de travail sur la planète, alors que le dollar conserve sa place dans les échanges internationaux. Le poids des États-Unis dans le monde favorise les entreprises américaines.

Si les multinationales américaines sont des acteurs de premier ordre dans la mondialisation, des millions de PME participent également à la prospérité du pays[13]. La puissance économique américaine repose en outre sur un territoire vaste et riche, un réseau de transport dense, un réseau de communication moderne, une main d'œuvre nombreuse et qualifiée, un marché de consommation à haut niveau de vie, des universités performantes et réputées, des investissements massifs dans la recherche et l'innovation.

Une économie concurrencée[modifier | modifier le wikicode]

Cependant, la puissance économique américaine est concurrencée par de nombreux pays. Alors que les États-Unis sont à leur apogée en 1945, le Japon et l'Europe occidentale rattrapent leur retard dès les années 1960. Dans les années 2000, les pays émergents au premier rang desquels la Chine, se développent rapidement. L'euro et le yen sont devenus des monnaies rivales du dollar qui s'est déprécié. Les multinationales américaines perdent des parts de marché dans l'automobile (Toyota) ou l'aéronautique (Airbus). La crise économique de 2008-2009 affecte l'économie américaine : la bourse de New York s'effondre, le P.I.B. recule, le chômage augmente, les géants de l'automobile et de la finance sont en difficulté. Cependant, tous les pays sont touchés, ce qui montre le rôle clé des États-Unis dans l'économie mondiale.

La première puissance militaire[modifier | modifier le wikicode]

Le Pentagone
Les effectifs militaires américains dans le monde
Les pays de l'OTAN

Les États-Unis détiennent une armée puissante et moderne : le pays se classe deuxième derrière la Chine pour le nombre de soldats actifs (1,4 million)[14], mais 57e si l’on ramène ce nombre à la population totale (6 soldats pour mille habitants[15]). Les effectifs militaires ont diminué après la guerre froide : par exemple, il y avait 16 millions de soldats américains pendant la Seconde Guerre mondiale et 9 millions pendant la Guerre du Viêt Nam[16].

Les États-Unis représentent près de la moitié des dépenses militaires mondiales[17], soit plus de 580 milliards de dollars en 2007, dont une grande partie sont engloutis dans les guerres d'Irak et d'Afghanistan[18]. Cependant, les dépenses militaires (équipement, personnel et frais de gestion) ne représentent qu'environ 4 % du P.I.B. américain[19],[20], ce qui classe le pays en 26e position mondiale[21].

La puissance militaire s'explique aussi par l’avance technologique des États-Unis : ils sont le premier pays à avoir eu la bombe atomique ; dans les années 1970, les recherches amènent la production d'engins furtifs. Les satellites sont utilisés pour guider les missiles. Le bouclier antimissile est en fonction depuis novembre 2004. L'internet et le GPS sont des innovations américaines qui ont d’abord servi à des fins militaires[22]. La domination militaire américaine découle aussi de la faiblesse des autres pays : la puissance russe a décliné depuis la disparition de l'URSS et du pacte de Varsovie. L'Union européenne n'a pas de véritable armée ni de politique étrangère commune. De fait, le complexe militaro-industriel est important aux États-Unis : le pays est le deuxième exportateur mondial (5,4 milliards de dollars) derrière la Russie et le septième par habitant[23].

La présence de l'armée américaine est mondiale : elle possède des bases militaires sur tous les continents. La plupart des effectifs américains à l'étranger sont dans les pays où les États-Unis sont en guerre (Irak, Afghanistan), dans les anciens pays de l’Axe (Allemagne, Japon, Italie) et dans les régions stratégiques (Djibouti, golfe persique). Tous les océans sont quadrillés par des flottes permanentes. Les États-Unis sont le seul pays du monde à pouvoir intervenir partout rapidement.

Depuis la fin de la guerre froide, les interventions armées américaines se sont multipliées, avec l'aval de l'ONU ou sans dans le cas de l'Irak. La politique étrangère dépend du président qui est le chef des Armées, qui négocie les traités et dispose du feu nucléaire ; mais elle est également tributaire du Congrès qui décide de la guerre et entérine les traités internationaux. Durant le XXe siècle, les États-Unis ont connu des phases isolationnistes et sont entrés en guerre pour réagir à des attaques. Avec la guerre froide, ils se sont posés en défenseurs du monde libre et démocratique contre le bloc soviétique et ont mis en place un réseau d'alliance dont la pièce maîtresse est l’OTAN. Aujourd'hui, les alliances existent toujours et l'OTAN se renforce avec l'entrée des pays de l'est de l'Europe et le retour de la France dans le commandement intégré. Les États-Unis garantissent aussi leur aide militaire à de nombreux pays.

Pourtant, la puissance militaire des États-Unis n’est pas sans faiblesse : face au terrorisme, les stratégies conventionnelles semblent inefficaces, comme le montrent les progrès des Talibans en Afghanistan et au Pakistan. Washington a besoin de ses alliés pour mener des expéditions[24]. Des oppositions se sont développées contre la politique étrangère de George W. Bush, y compris aux États-Unis, et des alliances concurrentes se mettent en place comme l’Organisation de coopération de Shanghai. Le président Barack Obama a décidé de retirer les troupes américaines d'Irak.

Le rayonnement mondial de la culture américaine[modifier | modifier le wikicode]

Un restaurant McDonald's au Maroc

Les États-Unis sont le seul pays dont la culture de masse influence tous les pays du monde. Cette culture populaire est héritière de l'Europe et s'est enrichie des apports des migrants. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'American Way of Life est un modèle de vie pour des millions de personnes. Celui-ci est symbolisé par le cinéma, les séries télévisées, les fast-foods, la mode, les loisirs, l'architecture (gratte-ciel). En Europe, la part des films américains est prépondérante. La puissance des médias, donne à la superpuissance les moyens de diffuser l'information. La chaîne CNN est présente sur tous les continents. Les parcs d'attraction de Disney se sont implantés en Europe et en Asie. Toutes les grandes métropoles mondiales possèdent des restaurants MacDonald's. Le coca-cola est devenue une boisson consommée partout dans le monde. Cette « américanisation » du monde suscite des rejets d'une partie de la population dans les pays européens, latino-américains et musulmans.

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. 13 811 2 milliards de dollars pour 54 347 milliards d’euros selon les données de la Banque mondiale (2007)
  2. Manufacturing, value added constant 2000 US$ (most recent) by country
  3. Imports (most recent) by country
  4. Services, etc., value added constant 2000 US$ (2004) by country
  5. [1]
  6. Air transport, passengers carried (most recent) by country
  7. Foreign investment (most recent) by country
  8. Container port traffic (most recent) by country
  9. Exports (most recent) by country
  10. Oil Production (most recent) by country
  11. Classement de Fortune 500 en 2007
  12. D'après Fortune 500, 2008
  13. Pascal Boniface, Charlotte Lepri, 50 idées reçues sur les États-Unis, 2008, p.27
  14. Military Capabilities Active Troops (most recent) by country, Nation Master, consulté le 25-04-2009
  15. Armed forces personnel (per capita) (most recent) by country, Nation Master, consulté le 25-04-2009
  16. André Kaspi, Les États-Unis. Mal connus, mal aimés, mal compris, Plon (coll. Tribune libre), 1999, Paris, isbn:2259189032, p.194
  17. Pascal Boniface, Charlotte Lepri, 50 idées reçues sur les États-Unis, Hachette Littératures, 2008, isbn:978-2-0123-7638-0, p.87
  18. Pascal Boniface, Charlotte Lepri, 50 idées reçues sur les États-Unis, Hachette Littératures, 2008, isbn:978-2-0123-7638-0, p.86
  19. Military CIA World Fact book 2008, consulté le 25-04-2009
  20. Pascal Boniface, Charlotte Lepri, 50 idées reçues sur les États-Unis, Hachette Littératures, 2008, isbn:978-2-0123-7638-0, p.91
  21. Expenditures (most recent) by country, Nation Master, consulté le 25-04-2009
  22. Pascal Boniface, Charlotte Lepri, 50 idées reçues sur les États-Unis, Hachette Littératures, 2008, isbn:978-2-0123-7638-0, p.92
  23. Conventional arms exports (most recent) by country, Nation Master, consulté le 25-04-2009
  24. André Kaspi, Les États-Unis. Mal connus, mal aimés, mal compris, Plon (coll. Tribune libre), 1999, Paris, isbn:2259189032, p.199